Innovation

Les start-up vaudoises ont levé le plus de fonds en Suisse en 2016

Vaud a attiré à lui seul plus de la moitié du volume investi en Suisse de 909 millions l’an dernier, indique le dernier rapport sur le capital-risque réalisé par la SECA et startupticker.ch

Quel que soit le critère retenu, le canton de Vaud cartonne dans la dernière étude consacrée au capital-risque présentée mardi à Zurich par le portail d’informations startupticker.ch et l’Association suisse des investisseurs en capital (SECA). Sur les 909 millions de francs levés par des start-up en Suisse en 2016, plus de la moitié de la somme revient à des sociétés basées dans le canton de Vaud, soit 461,7 millions de francs.

Un montant en grande partie imputable aux levées d’argent record réalisées par ADC Therapeutics (104 millions de francs), une société basée dans le Biopôle d’Epalinges qui avait déjà décroché 80 millions de francs en 2015, ainsi que celle de Mindmaze, une start-up basée à Lausanne qui applique les techniques de réalité virtuelle au secteur de la santé, avec 100 millions. En tout, parmi les dix jeunes pousses qui ont réuni le plus de fonds en Suisse, cinq proviennent du canton de Vaud, trois de celui de Genève, une de Zoug et une de Bâle.

Un terrain fertile pour les start-up

Comment expliquer la place de leader de Vaud dans ce dernier classement? Thomas Heimann, responsable de la statistique auprès de la SECA, évoque l’excellent écosystème qui a été créé autour de l’EPFL. «C’est une haute école orientée vers la pratique qui constitue un terrain fertile pour les start-up. Il y a aussi une certaine émulation à Lausanne, soutenue par l’arrivée de nouveaux fonds de capital-risque à l’exemple de Polytech Ecosystem Ventures», juge-t-il.

Par secteur, le domaine des biotechnologies arrive largement en tête avec plus de 400 millions de francs levés en 2016 répartis entre 25 campagnes de levée de fonds. Un secteur suivi par les sociétés actives dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) qui ont réuni 271 millions de francs l’an dernier, si l’on inclut aussi les développements dans les technologies financières («fintech») qui ont recueilli quelque 50 millions de francs.

Domination des sciences de la vie

En incluant les techniques médicales et l’informatique appliquée à la santé, quelque 550 millions de francs se rapportent au secteur de la santé, estime Thomas Heimann. «Il existe une véritable tradition dans les sciences de la vie en Suisse, avec Novartis, Roche ou auparavant Serono. L’écosystème fonctionne bien dans ce domaine», constate-t-il.

La Suisse est loin d’avoir encore acquis une telle place dans les technologies de l’information, estime-t-il. «L’EPFZ compte certes parmi les meilleures hautes écoles européennes. Il manque toutefois encore une histoire à succès suffisamment importante pour dynamiser l’ensemble du secteur», évalue Thomas Heimann.

A relever toutefois les montants importants qui ont été levés dans ce domaine par les sociétés genevoise Sonarsource (45,6 millions) et vaudoise Nexthink (38 millions).

Un pôle d’innovation à l’échelle globale

De son côté, Innovaud, la structure de soutien à l’innovation dans le canton de Vaud, s’est réjoui de ces chiffres. «C’est la preuve que le Canton émerge comme un pôle d’innovation à l’échelle globale et que les investisseurs sont de plus en plus convaincus de faire croître les start-up sur place», a souligné Rémi Waldbaum, le président d’Innovaud. En 2016, cette structure a soutenu 280 sociétés. Parmi celles-ci, 34 start-up qui ont été créées avec son appui l’an dernier.

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