Marchés émergents

Amir Ben Yahmed: «J’attends des entreprises suisses qu’elles fassent preuve d’audace et d’ambition»

L’Africa CEO Forum revient à Genève, du 20 au 21 mars prochain. Objectif: doper les échanges avec le continent africain. Rencontre avec le président de la manifestation, Amir Ben Yahmed

Agro-industrie, négoce, extraction, fret maritime, santé, innovation technologique, hôtellerie et formation, secteurs du tabac et de l’énergie: aucun marché n’est exclu. Pour attirer les investisseurs étrangers, l’Africa CEO Forum a déjà déployé ses réseaux à Genève, de 2012 à 2015. Il réapparaît aujourd’hui au bout du lac avec de plus fortes attentes. Si l’édition 2017 s’avère concluante, le colloque reviendra tous les deux ans dans la Cité de Calvin. Entretien avec le président de cet événement clé, Amir Ben Yahmed.

– A quoi sert l’Africa CEO Forum?

– Cette manifestation a été lancée en 2102 pour promouvoir le capitalisme africain. Il y a un décalage entre la perception que les gens ont de ce continent, focalisés qu’ils sont sur ses changements de régime ou autres conflits, et la réalité de terrain. L’économie africaine regorge d’opportunités. Le cœur de son écosystème est composé d’une myriade d’entreprises familiales, cumulant des centaines de millions, voire plusieurs milliards de francs de chiffre d’affaires annuel. L’Africa CEO Forum est à présent l’événement de référence du secteur privé africain, intégrant depuis deux ans des personnalités politiques porteuses de projets de dé

veloppement. Aucune autre plateforme n’offre aujourd’hui une telle qualité de rencontres et diversité d’intervenants, tant en termes de provenance géographique ou linguistique, que de secteur d’activité.

– Peut-on parler de Davos africain?

– Clairement, non. Environ 80% du contenu de Davos traite d’aspects politiques et sociétaux. Notre Forum est composé à 95% de chefs d’entreprise, venus participer à une réunion d’affaires, d’où ils doivent ressortir avec des perspectives commerciales ou de financement concrets. A ce titre, 45% de nos participants sont des dirigeants à la tête de structures générant plus de 53 millions de francs de chiffre d’affaires par an.

– Pourquoi revenir en force à Genève?

– La notoriété du Forum étant à présent établie, nous avons été sensibles à l’appel de la Chambre de commerce d’industrie et des services de Genève, pour faire de ce canton et de la Suisse des partenaires naturels de l’Afrique. J’attends des entreprises genevoises et helvétiques qu’elles fassent preuve d’audace et d’ambition. Nous tablons sur une affluence record de plus de 1000 participants.

– Est-il vrai que l’un des critères d’entrées au Forum est de présenter un chiffre d’affaires annuel de 10 millions de francs?

– Le Forum n’est pas une Foire, mais une manifestation sélective. Elle n’est en principe ouverte qu’aux entreprises réalisant annuellement plus de 32 millions de francs de chiffre d’affaires. Toutefois, des candidatures au cas par cas peuvent être envisagées selon le secteur d’activité et l’implication de l’entreprise sur le continent. Une société de conseils ou de services, générant 10 millions de francs par an, peut parfaitement intéresser nos participants.

– Diriez-vous que l’Afrique est le dernier marché low cost de la planète?

– L’Afrique n’est pas un continent monolithique. Tout dépend des régions. Un pays comme l’Ethiopie [ndlr: deuxième économie la plus dynamique du continent, juste derrière l’Afrique du Sud, avec une croissance continue d’environ 10% depuis 2006] tombe effectivement dans cette catégorie.

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