Sciences du vivant

Le bâlois Lonza et le français Sanofi misent sur médicaments biologiques

Une nouvelle usine de cultures de cellules mammifères sera construite à Viège et permettra de créer 200 emplois

Le fabricant bâlois de spécialités chimiques Lonza et le géant pharmaceutique français Sanofi vont construire une usine de production de médicaments biologiques à Viège (VS) pour 290 millions de francs. La construction, qui sera réalisée par Lonza, débutera cette année, sous réserve des approbations réglementaires.

L’usine devrait être entièrement opérationnelle d’ici à 2020, ont indiqué les deux partenaires lundi dans un communiqué commun. Elle sera dédiée aux cultures cellulaires mammifères à grande échelle pour produire des anticorps monoclonaux. Introduites dans des bioréacteurs, ces cellules issues de hamster permettront de donner naissance à des médicaments mieux ciblés, personnalisés avec des effets secondaires moins importants dans des domaines thérapeutiques comme l’oncologie, l’immunologie ou la neurologie.

Après des dizaines de suppressions de postes ces dernières années sur le site de Viège, cette nouvelle usine permettra de créer 200 nouvelles places de travail. Lonza qui emploie plus de 10 000 collaborateurs à temps plein dans le monde, dont 2700 à Viège, prévoit de former des apprentis pour ce nouveau projet et cherchera également à recruter des spécialistes dans le domaine des cultures cellulaires mammifères.

Toujours plus de biomédicaments

Dans le cadre de ce partenariat stratégique sous la forme d’une coentreprise, Lonza et Sanofi disposeront chacun de 50% des capacités industrielles disponibles de l’usine. L’investissement sera partagé à parts égales entre les deux partenaires. Pour répondre à une demande croissante, Sanofi pourra bénéficier d’un accès supplémentaire aux capacités de biofabrication de ce site.

Lonza, de son côté, construira l’installation et pourra commercialiser les capacités non exploitées par Sanofi. «Ce partenariat stratégique amène une grande flexibilité: il permet à Sanofi de réagir rapidement aux fluctuations de la demande à court terme, de renforcer ses capacités en matière de lancement de médicaments biologiques de nouvelle génération et de haute qualité et de garantir aux patients un accès régulier à ses produits», a précisé Nicolas Kressmann, responsable des relations avec les médias chez Sanofi.

Avec ce partenariat stratégique, Sanofi poursuit son déploiement dans le secteur du biomédicament provenant des cellules vivantes et non chimiques. «Actuellement 60% de notre portefeuille en recherche et développement est constitué de produits biologiques», ajoute Nicolas Kressmann. En 2016, ces produits biologiques représentaient déjà 45% du chiffre d’affaires du groupe. «Ces traitements sont au cœur de notre stratégie. Ces trois dernières années, nous avons déjà investi 900 millions d’euros dans ce domaine en France et 300 millions d’euros en Belgique.»

Du côté de Lonza, le secteur de la pharma et des biotechnologies, constitué à plus de 50% par ces cellules mammifères, représentait en 2016 entre 40-45% du chiffre d’affaires, soit 1,8 milliard de francs. Le groupe français compte sur Lonza qui dispose d’un savoir-faire en matière de conception, de construction, de mise en activité et d’exploitation d’installations de cultures de cellules mammifères de pointe à grande échelle. Le fabricant bâlois a déjà construit trois usines, deux à Singapour et une aux Etats-Unis.

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