Energie

BKW compense les bas prix de l’électricité

Le groupe bernois a vu son chiffre d’affaires et son bénéfice augmenter en 2016. Il mise sur la diversification énergétique et stratégique

Alors que le prix de l’électricité s’est effondré en quelques années, les Forces Motrices Bernoises (BKW) parviennent à maintenir la tête hors de l’eau. Le groupe énergétique bernois a bouclé l’exercice 2016 avec un résultat d’exploitation (EBIT) de 384 millions (+ 0,5%) et un bénéfice net de 322 millions, en hausse de 13%. Il propose de verser à ses investisseurs un dividende de 1 fr. 60 par action (30% du capital est ouvert). Il a réalisé un chiffre d’affaires global de 2,862 milliards, en progression de 8%. Comment un tel miracle est-il possible? Trois raisons l’expliquent.

Entre 2011 et 2016, le prix du kilowattheure est passé de 6 à 3 centimes d’euro à la bourse européenne. Pour l’année écoulée, cela représente une perte de plus de 150 millions par rapport à 2015, précise la directrice générale Suzanne Thoma, qui pense que la situation restera tendue jusqu’en 2019. Pour compenser cela, BKW a, d’une part, exploité au maximum son portefeuille d’électricité, qui, selon les circonstances, lui a permis d’avoir de meilleurs prix. Il a continué de réduire ses coûts dans ses activités traditionnelles. Enfin, le groupe a intensifié sa diversification afin d’être moins dépendant de l’évolution des prix de vente de son électricité.

Suzanne Thoma insiste sur le fait que BKW n’est plus à proprement parler un producteur d’électricité. Certes, cela reste un segment important de ses activités. «Mais la production d’énergie est notre principal souci», confie-t-elle. En 2016, le chiffre d’affaires du portefeuille énergie a reculé de 5% à 1,481 milliard et le résultat est passé de 189 à 136 millions, soit un recul de 28%. Dans un marché difficile, BKW continue néanmoins d’investir dans les énergies renouvelables, en particulier dans l’éolien à l’étranger – projet de parc éolien de 1000 MW en Norvège, acquisition de quatre parcs en France – et dans quatre petites centrales hydrauliques en Suisse.

Principal actionnaire de Swissgrid

Et le nucléaire? Il appartient quasiment au passé. BKW fermera Mühleberg en décembre 2019 et les estimations des coûts ont été réévaluées l’an dernier. Ils ont été jugés «réalistes». La désaffectation de la centrale devrait coûter 950 millions et la facture de l’élimination des déchets devrait s’élever à 1,25 milliard de francs. A fin 2016, BKW a respectivement provisionné, pour ces deux opérations, 829 et 661 millions de francs.

Mais le groupe veut de plus en plus se positionner comme un prestataire de services offrant à sa clientèle une panoplie de plus en plus étendue de conseil, d’ingénierie, de technologie du bâtiment et de réseau. Pour la première fois, l’activité de services a enregistré un chiffre d’affaires supérieur au demi-milliard, soit exactement 565 millions.

Un autre événement significatif de l’exercice écoulé concerne la société nationale de réseau Swissgrid. Au terme d’un bras de fer portant sur la reprise des actions détenues par Alpiq, BKW a emporté la mise face au consortium des cantons romands Sireso. Un compromis a cependant été trouvé afin de permettre à cette société de défendre les intérêts des cantons romands auprès de Swissgrid: en octobre, BKW a acquis 30,3% d’actions Swissgrid pour 300 millions de francs, devenant ainsi, avec 36%, le principal actionnaire de la société, et en a cédé 4,4% à Sireso aux mêmes conditions que celles convenues avec Alpiq.

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