Technologie

Un élu UDC interpelle le Conseil fédéral à propos de Swisscom

Le conseiller national UDC bernois Manfred Bühler estime que l'opérateur télécom devrait mieux informer ses clients dans le cadre de la récolte de données à des fins publicitaires

L’affaire des données récoltées par Swisscom à des fins publicitaires connaît des suites politiques. En cette fin de semaine, le conseiller national UDC bernois Manfred Bühler a déposé une interpellation auprès du Conseil fédéral pour demander des comptes quant à la stratégie de l’opérateur télécom. A partir du 1er avril, Swisscom transmettra des données à Admeira, la régie publicitaire détenue par l’opérateur, la SSR et Ringier, co-actionnaire du «Temps» avec Axel Springer.

Les informations récoltées par Swisscom concernent notamment les programmes de télévision que regardent ses clients. Début mars, l’opérateur avait envoyé à une grande partie de ses clients, par courrier postal, de nouvelles conditions générales et une déclaration générale au sujet de la protection des données. Mais pour Manfred Bühler, cette façon de faire n’est pas acceptable. Selon lui, «il est fort probable que beaucoup de clients ont jeté la lettre sans la lire jusqu’au bout et n’ont donc pas vu les indications en petits caractères, et ont du coup accepté les changements au sujet de l’utilisation des données sans en être conscients.»

Devant le fait accompli

L’élu UDC dénonce le fait que les clients soient mis devant le fait accompli, et que ce soit à eux d’agir, en se rendant dans leur espace personnel en ligne, pour empêcher la transmission de données à Swisscom. «Pour quelle raison Swisscom n’a-t-elle pas choisi une autre manière d’agir, par exemple un processus de type «opt-in», ceci dans l’intérêt de la protection des clients – à laquelle la Confédération devrait être intéressée?», demande le conseiller national. Rappelons que la Confédération détient 51% du capital de l’opérateur.

Manfred Bühler pose aussi la question de la concurrence: «Le Conseil fédéral ne pense-t-il pas que les données agrégées et anonymisées – qui découlent souvent encore de l’époque des PTT – constituent un bien auquel toutes les entreprises de médias et publicitaires devraient pouvoir accéder sans discrimination?»

Action en justice

Dans un tout autre registre, le Tages-Anzeiger» révélait jeudi que la société de distribution Praesens-film avait attaqué Swisscom en justice, pour que l’opérateur empêche des sites de piratage de proposer des vidéos sans en avoir le droit. Depuis mercredi, le Tribunal de commerce du canton de Berne se penche sur ce dossier.

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