Opinion

«It’s the politics, stupid!»

Le résultat des élections législatives néerlandaises a levé la première d’une longue série d’incertitudes politiques à venir cette année, analyse Jean Keller, patron de QUAERO Capital

Depuis l’investiture de Donald Trump en janvier, c’est la politique américaine qui a mené le bal et donné le ton aux marchés financiers. De fait, les principales bourses mondiales volent de record en record depuis le début de l’année. Le Dow Jones et le S&P 500 avaient ainsi progressé au 14 mars respectivement de +5,4% et +5,7%. Les indices européens ne sont pas restés en reste, avec une progression de +3,3% pour l’EuroStoxx 50 et de +5,4% pour le SMI. Même la bourse japonaise se trouve au plus haut.

Et si les nouvelles sont plutôt bonnes d’un point de vue économique, il faut bien admettre que ce sont surtout les facteurs politiques, en particulier l’espoir d’une relance budgétaire et d’une baisse de l’impôt sur les sociétés suscitées par les déclarations de Trump, qui ont soutenu ce rally. Les investisseurs ont chaussé leurs lunettes roses et même la perspective d’une hausse des taux d’intérêt, désormais perçue comme le signe d’un retour à la croissance plutôt que comme un frein économique, ne les effraie plus.

Ronald Trump

Mais à l’avenir, l’optimisme et les anticipations suscités par l’arrivée au pouvoir de «Ronald Trump» pourraient ne plus suffire à soutenir les cours et ce sont d’autres facteurs politiques, négatifs cette fois, qui pourraient bien dicter l’évolution des marchés au cours des prochains mois.

Car les sources d’inquiétude ne manquent pas en Europe, avec plusieurs échéances électorales cruciales pour l’avenir du Vieux Continent. Après la surprise du vote britannique sur le Brexit, les observateurs s’alarment de la montée des courants populistes eurosceptiques et de leur influence sur le fragile équilibre européen.

Ouf de soulagement néerlandais

La première incertitude – la possibilité d’une victoire aux élections législatives néerlandaises du parti d’extrême droite islamophobe et anti-immigration de Geert Wilders, – est désormais levée et les marchés ont poussé un «Ouf!» de soulagement.

Mais dès la fin avril, ce sera au tour de l’élection présidentielle française d’influencer les marchés, particulièrement en fonction du score de Marine Le Pen, dont le programme prévoit la sortie de l’euro. Enfin, ce sont les élections fédérales allemandes de septembre qui monopoliseront jusqu’à l’automne l’attention des investisseurs.

Bref, pour prendre le contre-pied de l’expression fameuse de Bill Clinton: «It’s the politics, stupid!». Cette année, ce seront bien les échéances électorales qui détermineront l’évolution économique et, selon les verdicts des urnes, les marchés pourraient bien se réveiller un lundi matin avec une belle gueule de bois.

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