Alimentation

Les consommateurs sont prêts à payer 20% de plus pour un produit régional

Les produits régionaux représentent 1,3 milliard de chiffre d’affaires, soit 4% du total de l’alimentation. C’est un moteur de croissance de l’industrie alimentaire suisse, selon une étude de l’Université de Saint-Gall

La «suissitude» est à la mode. La préférence pour les produits alimentaires régionaux est particulièrement forte et la tendance devrait se poursuivre, selon Stephan Feige, coauteur de la première étude empirique sur les produits régionaux, effectuée par l’Université de Saint-Gall et présentée à la presse mardi à Zurich.

L’enquête, qui porte sur 1260 consommateurs, montre que l’origine est un facteur de succès. 82% des sondés ont une opinion favorable des produits régionaux et seulement 1% a un avis négatif.

Les personnes interrogées sont prêtes à payer jusqu’à 20% de plus pour un produit régional, selon l’étude. Il en ressort aussi que 70% des consommateurs affirment préférer un produit régional pour un prix identique. En outre 65% disent acheter un produit régional au moins une fois par semaine.

Une tribune de René Longet: Que se passe-t-il donc avec notre alimentation?

Le produit régional rattrape l’alimentation bio

Au total, le chiffre d’affaires de l’alimentation régionale s’élève à 1,3 milliard de francs, soit 4% du total de l’alimentation en Suisse. Comme les consommateurs interrogés disent souvent préférer le régional au bio, «le potentiel de croissance est immense», selon l’étude. Dans cinq années, le chiffre d’affaires devrait atteindre 2 milliards de francs.

Aujourd’hui, l’alimentation bio enregistre un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de francs, soit près du double de celui des produits régionaux, mais le rattrapage est en cours et devrait se poursuivre ces prochaines années. Les sondés disent par exemple, pour le même prix, préférer un fromage régional à un fromage bio. En général, l’étude indique que les sondés féminins et alémaniques accordent plus largement que les autres leurs préférences au bio.

Migros en leader

Les grands groupes du commerce de détail ne s’y sont pas trompés. De Migros avec son «Pour la région, des produits de votre région», la plus connue (28% des sondés) à Coop, avec «Miini Region», le commerce de détail emploie un label précis pour les produits régionaux.

Le premier label régional a été créé par la coopérative Migros de Lucerne en 1999. Le chiffre d’affaires des produits Migros vendus sous ce nom atteint 898 millions de francs en 2015. Coop est distancé avec 140 millions de francs.

A ce propos: Migros mise sur l’essor du «bio» et des achats en ligne

Les labels foisonnent

Ce ne sont pas les organisations ou les labels qui manquent. Qu’il suffise d’évoquer «Pays romand-Pays gourmand», ou «Alpinavera», pour les Grisons, le Tessin, Glaris et Uri, «Culinarium» en Suisse orientale. Sous cet angle, les sondés disent apprécier une certification d’origine régionale. Les directives pour les produits régionaux ont été harmonisées sur le plan suisse à partir du 1er janvier 2016.

Pour d’innombrables producteurs, la région est «une opportunité pour échapper à la mer de subventions et bâtir son avenir avec des solutions de marché», expliquent les auteurs.

Mais les produits signalant l’appartenance à un canton sont encore plus appréciés, à l’image de ceux du Valais et des Grisons. Les produits d’origine profitent aussi du tourisme et du désir de mieux connaître la région de ses vacances. Et 30% des sondés disent avoir fait connaissance avec des produits régionaux au cours de leurs vacances.


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