Emploi

Markus Blocher «n’engage que des gens qui parlent l’allemand»

Le président du groupe chimique Dottikon ES, fils de Christoph Blocher, a créé 120 emplois et s’apprête à en engager 50 autres. L’allemand est nécessaire, déclare-t-il à la Schweiz am Wochenende. L’entrepreneur critique le système scolaire trop axé sur l’intégration

Markus Blocher, 46 ans, est depuis 14 ans à la tête de Dottikon ES, une entreprise chimique de 565 collaborateurs et en pleine expansion. Au premier semestre 2016/17, le chiffre d’affaires s’est accru de 56%. En bourse, le titre flambe. L'action a gagné 146% en 12 mois. L'entreprise est évaluée à 831 millions de francs.

L’actionnaire majoritaire et président a engagé plus de 120 employés et il est à la recherche de 50 nouveaux collaborateurs. «Je n’engage que des gens qui comprennent et parlent l’allemand, qu’il s’agisse du bas allemand ou du valaisan», déclare-t-il dans une interview à la Schweiz am Wochenend.

Non au nivellement vers le bas

Markus Blocher estime «absurde» qu’au sein des entreprises suisses on parle anglais dans certaines équipes en prétextant qu’un nouveau chef ne parle pas la langue de Goethe. Pour le contact avec les clients, l’anglais est naturellement nécessaire, ajoute-t-il.

L’entrepreneur critique la tendance du système scolaire à privilégier «l’intégration» plutôt que «l’enseignement» au niveau primaire. Il s’en prend également à une approche fondée sur le «nivellement social vers le bas».

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L’enseignement devrait davantage privilégier les sciences. «Dans la Biotech Valley, on ne cherche pas d’abord des pédagogues et des spécialistes des langues mais des scientifiques, des ingénieurs et des informaticiens», déclare-t-il.

Détérioration des conditions cadres

Dottikon ES, située dans le canton d’Argovie, est à la recherche d’experts en chimie et pharma. Mais la société peine à trouver ces talents. «Nous devons engager des mécaniciens par exemple sur machines ou sur autos et les reconvertir», indique-t-il.

Markus Blocher, qui réside dans le canton de Schwyz, critique également le manque d’infrastructures routières et la réduction des avantages du site de production suisse par rapport aux pays voisins. «La différence a diminuée parce que nos conditions-cadres se sont détériorées», observe-t-il. Il cite notamment l'augmentation des taxes et la surreglémentation.

Mais l’entrepreneur n’a nullement l’intention de délocaliser sa production dans un pays à bas salaire. «A long terme, cela ne fonctionne pas» à son avis. Pour rester innovant, la production doit rester au même endroit que la recherche et le développement, avance-t-il.


 

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