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De dos, Ante Zekan et Ivan Stupalo, qui comptent parmi les premiers skippers Uber de l’Adriatique.
© Dejan Nikolic

Transports 

Uber déploie son offensive maritime dans l’Adriatique

La start-up californienne part cet été à l’assaut de la côte dalmate, en Croatie. Avec un nouveau service de bateaux sur demande, censé servir de test commercial à l’échelle mondiale. Ceci, alors que le groupe songe à écarter son patron Travis Kalanick (avec vidéo) 

Sur terre, dans les airs et à présent en mer. Uber, qui quadrille dorénavant tous les champs possibles de la mobilité, vient de lancer en Croatie sa dernière offre de transport: UberBOAT. Un nom de code déjà utilisé à Istanbul, à Miami, au Caire ou encore à Cannes, mais qui cette fois-ci correspond à une variante navale accessible durant toute la période estivale. 

Le nouveau service doit être activé ce lundi. «C’est une première mondiale, se félicite Davor Tremac, directeur général de la start-up californienne pour l’Europe du Sud-Est. Jusqu’ici, Uber ne proposait des embarcations dans certaines villes que de manière éphémère.» Dans un registre différent, il existe en effet des UberJET ponctuels sur d’autres marchés et des UberCOPTER lors de festivals internationaux.

Premier ballon d’essai

L’initiative croate se veut solennelle. C’est la première fois de son histoire que la multinationale créée en 2009 invite – à ses frais – des médias du monde entier à découvrir sa dernière enchère commerciale. Près d’une vingtaine de journalistes et autres blogueurs se sont ainsi déplacés à Split pour tester UberBOAT.

Le produit est censé répondre à une forte demande touristique. Cette région de la côte dalmate – la Croatie dénombre plus de 1200 îles – voit notamment sa population doubler à la mi-juillet lors de l’Ultra Europe Festival de musique électronique. L’aéroport de Split, situé à quelques encablures de l’Adriatique, accueille notamment des vols EasyJet directs depuis Genève. Il doit augmenter ses capacités de 100% à l’horizon 2018.

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Le dispositif UberBOAT est censé aussi rayonner à Dubrovnik, un site voisin classé au patrimoine de l’Unesco et qui a été le théâtre de tournages de grosses productions comme Game of Thrones ou Star Wars. Son principe reste le même que pour les voitures: le client interroge son application pour commander un trajet. Une option correspondant à la variante maritime apparaît. S’il y a un bateau disponible, l’usager devra se rapprocher d’un des points de ramassage fixés à l'avance pour espérer embarquer sur l’un des cinquante esquifs actuellement disponibles. Il sera alors accueilli, normalement avec le sourire, par un capitaine Uber indépendant parfois flanqué d’un skipper adjoint.

Un produit à l’accent jet-set

Le prix du service, sur lequel la plateforme californienne prend 20% de commission: entre 3,80 et 4,75 euros par passager, pour une excursion à la journée. Chiffres auxquels il faut ajouter 35 à 44 centimes pour chaque minute de location, le temps maximal de navigation étant de huit heures, sans possibilité de dormir sur le bateau. Le service navette est quant à lui facturé entre 36 et 44 euros par tête de pipe, pour un trajet d’environ 45 minutes entre par exemple Split et Hvar, l’île secrète des stars fréquentée par des milliardaires et autres célébrités comme Beyoncé et Jay Z, Leonardo DiCaprio ou le prince Harry.

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Les barèmes UberBOAT sont ici à la hauteur du niveau des embarcations haut de gamme. Soit des modèles pneumatiques à benne rigide, de 8 et 12 places maximum, ultra-maniables et rapides. L’offre est donc assez éloignée du tarif moyen des ferries classiques, dont la traversée plus nonchalante entre Split et l’île de Hvar coûte 30 euros. Mais UberBOAT se montre compétitif par rapport aux conditions de vente pratiquées par les compagnies de navigation privée classique: de 100 à 200 euros pour rallier Hvar depuis Split, à en croire plusieurs skippers indépendants. Parfois davantage, selon Uber, qui dénonce des tarifs «à la tête du client».

Du liquide grâce à la mer

Pourquoi UberBOAT, sachant que 80% des touristes – originaires principalement d’Europe du Nord – se rendent en Croatie en voiture? «Ces derniers laissent leur véhicule à l’hôtel, les parkings à Split étant non seulement rares, mais aussi très chers, et les transports publics peu performants en raison de la circulation ralentie par l’étroitesse des rues», nuance Matija Mesic, chargé de la communication de la start-up californienne pour le marché croate.

Uber est présent en Croatie depuis dix-huit mois. Aujourd’hui valorisée à quelque 70 milliards de francs – avec 2,7 milliards de pertes en 2016 –, la multinationale y emploie une vingtaine de salariés. Elle compterait à ce jour 1500 chauffeurs de voitures pour bientôt, promet-elle, une centaine de bateaux et au moins autant de skippers. Si la rivalité avec les taxis en Croatie est comme dans d’autres pays palpable, les quatre lettres de la start-up américaine ne paraissent pas susciter sur place la grogne ostentatoire que l’on observe en Occident. La formule UberBOAT semble même être vue jusqu'ici d’un assez bon œil par la communauté maritime locale.

Ce dimanche, le Conseil d'administration du groupe s'est réuni pour discuter d'une mise à l'écart de Travis Kalanick. Confrontée à une dégradation de son image alors que la société n'est toujours pas rentable, Uber s'apprête à mettre son cofondateur et directeur général en congé sans solde.

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