Perspectives

2019, l’année du retour en grâce de Credit Suisse

Quelques mois après son arrivée, Tidjane Thiam avait annoncé un plan de redressement de la banque en trois ans. Une période qui vient de se terminer, l’heure donc d’en récolter les fruits?

Quels seront les principaux enjeux de cette année économique? Nous faisons le point à travers une série d'articles.

Retrouvez notre dossier de ce début d’année.

La boucle est bouclée. Quelques mois après son entrée en fonction, en juillet 2015, Tidjane Thiam annonçait un plan de redressement en trois ans pour Credit Suisse. Une banque alors proche de la déliquescence. Baisse des coûts, réduction de la taille de la banque d’affaires, hausse des fonds propres, virage net vers l’Asie et la gestion de fortune, le directeur général de l’établissement zurichois avait prévu de faire ce que la plupart des analystes attendaient.

Un travail terminé

Trois ans plus tard, le Franco-Ivoirien s’est débarrassé des «énormes fardeaux du passé», même s’il a subi pendant longtemps la pression d’investisseurs critiques. Mi-décembre, il annonçait avoir terminé ce travail, le clôturant par un double cadeau aux actionnaires, une hausse du dividende et deux programmes de rachat d’actions, destinés à soutenir le cours du titre en bourse. Ce qu’on peut voir comme une récompense à la patience d’investisseurs malmenés par plusieurs augmentations de capital. Ou comme le début de la récolte des fruits de la stratégie de Tidjane Thiam.

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La banque peut-elle donc aborder 2019 comme une banque stabilisée et prête à performer comme sa rivale UBS? «L’essentiel est fait, Credit Suisse est retournée à son cœur d’activité, la gestion de fortune, son activité est plus stable, les fonds propres ont été renforcés», estime Pierre-François Donzé, gérant de portefeuille à la banque Bonhôte. Et après des années de pertes, les bénéfices sont de retour.

Prudence des analystes

De là à dire que 2019 sera une année exceptionnelle, aucun analyste n’ose franchir le pas. «La finance reste un secteur très interdépendant, qui doit absorber toutes les situations difficiles sur le marché. Une banque ne vit pas que de la qualité et de la bonne gestion de ses dirigeants», nuance Pierre-François Donzé. Pour lui, «oui, on peut espérer récolter les fruits de cette stratégie, mais attention, si un ralentissement global se profile, ce sera plus compliqué».

Reste que Tidjane Thiam comme Urs Rohner, le président du conseil d’administration, croient à ce retour en grâce de la banque. A tel point qu’ils – ainsi que quelques autres responsables – ont acheté pour plus de 6 millions de francs d’actions Credit Suisse. Ils ne sont cependant peut-être pas aussi optimistes que leur rivale UBS. Sergio Ermotti, son patron, avait mis plus du double de ce montant dans des actions de sa banque quelques semaines plus tôt. Et tout seul.

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