Finance

Dès 2020, la Chine va s'ouvrir davantage aux capitaux étrangers

Pékin va lever dès l'an prochain plusieurs restrictions majeures aux investissements dans le secteur financier. Jusqu'à présent, les sociétés étrangères devaient s'associer à un partenaire local 

La Chine a annoncé samedi son intention d’ouvrir plus largement son secteur financier aux investissements étrangers, dès 2020, un geste de bonne volonté à l’égard de Washington au vu du conflit commercial qui les oppose et a précipité sa croissance à un plancher depuis 27 ans.

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Désormais, les entreprises financières étrangères (gestionnaires d’actifs, compagnies d’assurances, fonds de pension) pourront investir en Chine sans être bloquées par un plafond limitant leur participation. Et ce dès 2020, soit un an avant le calendrier prévu, a annoncé le Comité de stabilité financière et de développement, dans un communiqué publié samedi.

49% maximum

Jusqu’à présent, les firmes étrangères devaient s’associer à un partenaire local car elles n’étaient pas autorisées à détenir plus de 49% du capital de leur coentreprise. En conséquence, leur part de marché n’atteignait que 5,16% à fin 2016, dans un secteur dominé par quelques mastodontes locaux.

D’autres barrières à l’entrée vont sauter dès l’an prochain, comme l’obligation pour les assureurs non-chinois d’être en activité depuis plus de trente ans. Ou, pour les gestionnaires d’actifs, l’interdiction de détenir plus de 25% d’une entreprise chinoise.

Enfin, les agences de notation internationales seront autorisées à évaluer un plus grand nombre d’obligations et de titres de dette.

Exceptions pour Allianz et Axa

En novembre, Pékin avait fait une exception pour deux assureurs européens, autorisant l’allemand Allianz à lancer une filiale à capitaux 100% étrangers et le français Axa à prendre le contrôle de sa coentreprise.

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Pas suffisant pour les États-Unis et l’Union européenne, qui réclament depuis longtemps que la Chine ouvre davantage son économie, comme ils ont ouvert la leur aux investissements chinois.

Si Pékin traînait jusque-là des pieds, les mauvais chiffres annoncés lundi semblent avoir eu raison de ses réticences. Ainsi, la croissance chinoise a signé au second trimestre sa plus faible performance depuis au moins 27 ans, soit 6,7%.

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Plus personne n’en doute: cet essoufflement est une conséquence directe de la guerre commerciale déclenchée en mars 2018 par le président américain Donald Trump pour forcer Pékin à ouvrir davantage son économie et à limiter ce qu’il appelle ses pratiques commerciales déloyales.

Au total, les États-Unis et la Chine se sont imposé mutuellement des surtaxes douanières sur plus de 360 milliards de dollars de biens échangés.

Détente relative

L’annonce de samedi fait d’ailleurs suite à une réunion qui s’est tenue la veille sous l’égide du vice-Premier ministre chinois Liu He, un proche du président Xi Jinping qui s’est vu confier la délicate mission de piloter les négociations commerciales avec Washington.

À l’agenda: trouver les moyens de relancer la croissance et parer aux risques financiers pouvant résulter de son affaiblissement.

Elle intervient aussi dans un contexte de relative détente des relations diplomatiques. Donald Trump et Xi Jinping ont ainsi décrété fin juin une trêve dans leur guerre commerciale après une rencontre à Osaka (Japon) lors du sommet du G20.

La semaine dernière, négociateurs chinois et américains ont repris le dialogue par téléphone sans toutefois annoncer de prochaine rencontre de haut niveau pour tenter de sortir de l’impasse.

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