Depuis janvier, il a beaucoup été question de hedge funds dans l’actualité, certains grands fonds ayant perdu d’importants montants dans l’affaire GameStop. De manière moins anecdotique, la pandémie a dégagé deux tendances pour les fonds alternatifs: dans l’ensemble, l’année 2020 a été très bonne au niveau de la performance et de nombreux gérants ont renoué avec leur vertu première, à savoir offrir une décorrélation vis-à-vis des marchés traditionnels. «En résistant plutôt bien au premier trimestre, de nombreuses stratégies ont montré que les hedge funds pouvaient protéger contre la baisse des cours, ainsi que participer à la hausse», résume encore Fredrik Langenskiöld, spécialiste des investissements alternatifs à Union Bancaire Privée (UBP). Ce qui n’empêche pas qu’un pan non négligeable du marché des hedge funds ait souffert l’an dernier.

La pandémie qui déferle sur le monde depuis plus d’un an a constitué un cygne noir pour les stratégies quantitatives. Un événement très peu probable, sans précédent, qui n’était pas inclus dans les modèles mathématiques de nombreux hedge funds. En conséquence, les gestions confiées à des algorithmes ont souffert l’an dernier, alors que l’indice S&P 500 a perdu près de 20% au premier trimestre, avant de gagner 47% sur le reste de l’année. «Les modèles quantitatifs ont eu du mal à s’adapter à ce contexte hors norme créé par un choc exogène; on peut même dire que 2020 a été l’année où l’homme a battu la machine, dans l’univers de la gestion alternative», analyse Cédric Dingens, responsable de la gestion alternative chez Notz Stucki à Genève.