Attention, petite révolution en vue. En 2021, ce ne sont plus le cinéma ou le sport qui tirent le marché des téléviseurs. Pour la première fois, c’est le jeu vidéo qui en est le moteur, avec des nouveautés technologiques remarquables. Et cela fait du bien au secteur, habitué à des améliorations annuelles tout à fait marginales.

Fait rare, un nouveau type de dalle fait son entrée: le mini-LED, une évolution des classiques TV à LED qui équipent la plupart des foyers. Le rétroéclairage des TV à LED est généralement fourni par environ 1000 diodes quadrillant la surface de l’écran. Une TV 4K contenant environ 8 millions de pixels, chaque LED prend en charge l’éclairage de 8000 pixels, ce qui pose des problèmes lorsque des pixels clairs et sombres sont adjacents. Cela se manifeste notamment lorsque les sous-titres blancs «bavent» sur fond noir.

Avec le mini-LED, place a la miniaturisation. Les fabricants intègrent 40 fois plus de LED, ce qui autorise un bien meilleur contrôle de la lumière et des contrastes. Cela reste loin des dalles OLED, dont chaque pixel est éclairé individuellement, mais cette technologie permet aux TV à LED de combler leur retard en la matière.

Fluidité parfaite

Deuxième nouveauté importante, l’arrivée du port HDMI 2.1, déjà présent dans les nouvelles consoles Xbox Series et PlayStation 5 – ce sont ces dernières, vendues par millions, qui sont le véritable moteur derrière ces innovations. Ce standard offre un débit près de 3 fois supérieur au précédent. Il permet ainsi d’afficher des images en 4K ou 8K et à haute fréquence, jusqu’à 120 images par seconde au lieu des 60 habituelles. Le résultat: des images plus nettes, des animations plus fluides, bref le paradis des joueurs. A noter que ces hauts débits d’images sont pour l’heure plus facilement atteints sur PC que sur consoles, qui disposent de peu de jeux compatibles.

Et ce n’est pas tout. Les ports HDMI 2.1 autorisent la synchronisation en continu des fréquences des images et de l’écran, ce qui améliore encore le confort visuel. Nommée VRR pour taux de rafraîchissement variable, cette fonctionnalité était jusqu’ici réservée aux moniteurs de PC de jeu (une démonstration est visible dans la vidéo ci-dessous). Elle débarque à présent sur les téléviseurs raccordés à un PC ou une Xbox Series. La console de Sony pourrait en bénéficier plus tard.

Pour avoir un aperçu de ces nouveautés alléchantes, nous avons testé un modèle mini-LED, la Samsung QN90A, et un téléviseur OLED, le LG C1, deux modèles 4K de 2021 équipés de ports HDMI 2.1 qui nous ont été prêtés par les fabricants.

Avec le mini-LED, Samsung rattrape son retard

Le téléviseur de Samsung, issu de la gamme Neo QLED (dénomination marketing du mini-LED), est un des fleurons de l’année. C’est le grand modèle 65 pouces que nous avons essayé (QE65QN90AAT, 2185 francs). Comme souvent chez Samsung, un soin particulier est apporté au design, avec une dalle 4K de 27 mm d’épaisseur, traitée antireflet, et ceinturée de bords très fins et d’un pied central en métal. A noter que, contrairement au Q950TS, modèle 8K testé l’an passé, ce téléviseur ne dispose pas d’un encombrant boîtier déporté. Il ne propose par contre qu’un seul port HDMI 2.1, ce qui se révèle problématique si l’on désire connecter deux consoles et/ou un PC. La télécommande rechargeable en solaire (!) ou USB est excellente, et l’interface logicielle basée sur le système d’exploitation Tizen ultra-réactive.

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En jeu, la dalle mini-LED impressionne. Ses contrastes sont bien meilleurs que sur les autres TV à LED, les noirs sont plus profonds, les blancs éclatants. Le pic de luminosité est d’ailleurs très intense, ce qui en fait un parfait téléviseur pour les pièces claires. Le téléviseur est très réactif, même dans les jeux nerveux.

Une barre de réglages spécifiques apparaît sur demande en bas de l’écran. Elle permet surtout (sur PC, pas sur console) de passer en affichage «Super UltraWide Game View», c’est-à-dire dans un ratio 21:9 ou en 32:9, au lieu des 16:9 habituels.

On obtient alors une image beaucoup plus large que haute type cinéma, sur environ un tiers de l’écran. C’est très immersif, et surtout plus confortable lorsqu’on est proche de l’écran (pas besoin de se faire un torticolis pour balayer l’écran du regard). Mais nous n’avons pas réussi à activer ce mode sur tous les jeux: certains sont plus capricieux que d’autres.

Ci-dessus, en ratio 32: 9, l’image est positionnable sur l’une des trois hauteurs de l’écran, une fonctionnalité très astucieuse pour ceux qui jouent en étant proches de l’écran

L’OLED, roi de l’image

Le modèle de LG avec sa dalle OLED montre toute la maîtrise du fabricant, pionnier de cette technologie. Le 55C1 (environ 1500 francs) est un téléviseur 4K élégant, épais d’à peine 4 mm dans sa partie la plus fine (et environ 46 mm au niveau de l’alimentation). Son pied en aluminium s’étend sur presque toute la largeur. La télécommande de type pointeur rappelle les grandes heures de la Nintendo Wii. Elle offre une bonne prise en main ergonomique, les boutons sont faciles d’accès, mais l’interface WebOS de LG n’est pas aussi réactive que les TV Samsung. Le 55C1 dispose en revanche de 4 ports HDMI 2.1 ce qui en fait un écran parfait pour y brancher plusieurs sources sans avoir à aller trifouiller les câbles derrière le téléviseur.

L’image en jeu est absolument époustouflante. Les noirs sont encore plus intenses que chez Samsung (les pixels noirs étant complètement éteints), donnant des contrastes somptueux et une image d’une netteté encore plus saisissante, notamment avec un peu plus de détails dans les zones sombres – ce qui peut cependant relever des réglages plus que du matériel. Comme chez Samsung, LG a intégré une barre de paramètres de jeux qui permet notamment d’ajuster l’équilibre entre les tons clairs et sombres. Là encore, nous avons trouvé que cela servait davantage à vérifier que tout est bien activé.

Il serait vain de vouloir départager ces deux excellents modèles, tant les différences sont minimes surtout pour le jeu vidéo. Tous deux offrent un confort visuel indiscutablement supérieur à la plupart des téléviseurs des années précédentes. Que ce soit avec Sea of Thieves sur Xbox Series X (un des rares jeux fonctionnant en 4K à 120 images par seconde) ou sur Metro Exodus sur PC, l’image est magnifique, et surtout les animations parfaitement fluides ne souffrent d’aucune saccade même lors des mouvements rapides. Un régal. De telles friandises visuelles étaient auparavant hors de portée, faisant de ce genre de téléviseur un achat à considérer pour les joueurs qui recherchent les meilleures conditions.