Ce n'est pas inhabituel de recevoir des signaux différents des statistiques sur le chômage et de celles sur la croissance des emplois. Car les premières relèvent d'une enquête des ménages, alors que les secondes proviennent des entreprises. Le rapport américain sur l'emploi au mois de juin est sorti deux jours après que la Fed, soucieuse d'une accélération de l'inflation, a remonté ses taux d'un quart de point à 5%. Si le taux de chômage aux Etats-Unis s'est établi à 4,3% en juin contre 4,2% en mai (son niveau le plus bas depuis vingt-neuf ans), l'économie américaine a créé 268 000 emplois nets supplémentaires au cours de la même période, d'après l'annonce vendredi du Département du travail.

Les analystes de Wall Street tablaient généralement sur un taux de chômage inchangé et sur une augmentation nette de 200 000 créations d'emplois. Le salaire horaire moyen - plus élevé que prévu également – a augmenté de 0,4% en juin pour s'établir à 13,23 dollars (environ 20 francs) et de 3,7% sur la période de douze mois finissant en juin.

Mais en dépit de ces statistiques qui pourraient faire craindre des débuts inflationnistes, les marchés sont restés de marbre. Le bon américain du Trésor à 30 ans est resté relativement stable à 6%. «Nous sommes en situation de plein emploi et quiconque cherche du travail en trouve», note Richard Yamarone, économiste chez Argus Research à New York cité par l'agence Bloomberg. Le rêve continuera-t-il encore longtemps? Nombreux sont ceux qui en doutent: la force de l'économie induira tôt ou tard une pression sur les prix, que même une augmentation de la productivité ne pourra plus contenir. Depuis le début de l'année, pas moins de 1,2 million d'emplois ont été créés. A comparer avec 2,9 millions d'emplois l'année dernière.