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27 février 2021, dans la nuit, une cyberattaque provoque une nouvelle crise financière internationale

Cette fois-ci, c'est la technologie informatique de pointe qui est à l'origine de profondes turbulences, selon un scénario imaginé par Didier Maurin, directeur de Katleya Gestion. Mais est-il possible de prévenir l'avenir?

Le 27 février 2021, un virus d’une puissance exceptionnelle engendre ce jour-là un détournement financier planétaire! Des prélèvements de tous les montants possibles interviennent sur des millions de comptes de particuliers et d’entreprises, dans des dizaines de pays, pour finir on ne sait où. Les Etats sont eux aussi concernés, avec des millions de comptes de fonctionnaires bloqués ou complètement brouillés car devenus illisibles, et des millions de comptes d’épargne qui se vident et où le blocage de toute transaction commerciale génère immédiatement une crise économique de grande ampleur. Plus personne ne s’y retrouve, les informations qui circulent sont contradictoires et les médias du monde entier et toutes les chancelleries sont bien entendu dans un émoi considérable.

Bientôt, les services secrets de plusieurs pays occidentaux nous apprennent que c’est la Corée du Nord qui est à l’origine de ce désastre. Alors tout le monde est catastrophé, car des informaticiens réputés avaient bien mis en évidence que certains blocages de données d’entreprises suivis de demandes de rançons étaient bel et bien le fait de la Corée du Nord, mais personne n’anticipait une attaque de ce type et d’une telle ampleur. Bien au contraire.

Keynes avait raison

L’économie mondiale se portant mieux, le spectre des subprimes (cette crise vieille de 14 ans déjà) semblait s’éloigner comme tout risque d’une nouvelle crise économique ou financière. Nombreux étaient alors ceux qui se hasardaient à respirer un peu. Or Keynes avait raison de souligner que «les scénarios largement pensés ne se réalisent jamais», car «ce qui arrive en fin de compte, ce n’est pas l’inévitable mais l’imprévisible», que ce soit à l’échelle des nations ou dans nos vies privées.

Cependant, cette fois-ci, c’est la technologie informatique de pointe qui est à l’origine de cette crise internationale…

Impossible de prévoir l’avenir

Nous cesserons maintenant de narrer cette «fiction» pour simplement retenir le fait que les hommes n’ont jamais su prévoir l’avenir, car ils en sont incapables. Pratiquement personne, à l’époque, n’a prévu la chute de l’Empire romain, l’ampleur que prendrait en Europe Napoléon Bonaparte dont les grognards ont marché jusqu’à Moscou ou encore, beaucoup plus proche de nous, l’effondrement de l’URSS et la chute du mur de Berlin une nuit de novembre 1989 qui a libéré des millions d’Européens de l’enfer communiste.

Et je me rappelle bien la surprise qu’avaient affichée de nombreux ministres à la télévision face à ce dernier bouleversement, eux qui sont soi-disant «bien informés»!

Les hommes n’ont pas à s’en vouloir car nos cerveaux humains ne sont tout simplement pas faits pour prévoir l’avenir et j’avoue avoir bien souri à la lecture de l’ouvrage de Jacques Attali Peut-on prévoir l’avenir? dans lequel il prétendait le contraire.

Il y a sans doute «l’intuition» qui, si l’on sait l’écouter et si notre intelligence n’est pas paralysée par toutes sortes de craintes extérieures ou de freins intérieurs, demeure le potentiel le plus important que nous possédions pour prévoir les grandes tendances de l’avenir. Cependant, même si elle utilise toutes les capacités de notre cerveau, elle a ses limites comme celles de se révéler correcte parfois bien des années plus tard lorsque les événements lui donnent raison ou d’être difficile à partager car elle est intimement liée à la personne qui la porte.

Dès lors, je m’en tiendrai à ce qu’affirmaient de grands économistes: «Lorsque vous prévoyez un événement… évitez de lui donner une date», ce qui augmente vos chances de succès. Pour preuve, essayez donc de prévoir ce qui va vous arriver exactement dans la seule journée de demain! Pierre Dac déclarait d’ailleurs avec sagesse que «la prévision est un art très difficile… surtout quand il concerne l’avenir». En conséquence, les philosophes ont raison de rappeler que «les optimistes sont beaucoup plus dangereux que les pessimistes» car ils n’incitent pas vraiment à se protéger, et je préconise donc la prudence comme règle de vie essentielle.

Les vulnérabilités du système

Aujourd’hui, les médias du monde entier chantent en louange l’amélioration de l’économie mondiale, la hausse des bourses et la prétendue amélioration des finances publiques, d’où une augmentation possible des taux d’intérêt. Si tous ces sujets ne sont pas faux, il reste aussi le surendettement des Etats, la vulnérabilité du système financier international et les risques sanitaires, environnementaux et terroristes.

Comme à chaque tendance optimiste, je me méfie! Le Titanic était insubmersible, paraît-il…

Tôt ou tard, une nouvelle crise surviendra, et il est possible qu’elle soit d’origine cybernétique, mais là encore, la date que j’affirmais dans le titre de cet article est forcément une fiction!

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