Technologie

Les 323 000 employés de Nestlé vont collaborer via Facebook

La multinationale basée à Vevey utilise Facebook Workplace à la place de Salesforce Chatter pour la communication entre employés

C’est désormais via un service de Facebook, baptisé Workplace, que collaborent les employés de Nestlé. Début janvier, la multinationale annonçait que 210 000 de ses collaborateurs avaient migré sur la plateforme de communication d’entreprise du réseau social. Nestlé abandonne ainsi l’outil Chatter de Salesforce.

Workplace, lancé en octobre 2016 par Facebook, est un outil de collaboration offrant plusieurs fonctions: les discussions instantanées entre employés, le partage d’agenda, les conférences vidéo ainsi que le travail à plusieurs sur des documents – le tout tant sur ordinateur que sur smartphone. Ce service est ainsi proche de Teams (Microsoft), de Slack, de Hangouts Chat (Google), de Webex Teams (Cisco) ou encore de Chatter (Salesforce). Marc Benioff, directeur de Salesforce, avait qualifié, en 2013, le choix de Nestlé pour ce dernier du «plus grand déploiement jamais fait pour Chatter».

Employés suisses équipés

Salesforce va ainsi perdre Nestlé comme client. «Le principal outil d’engagement interne actuel, Salesforce Chatter, est en cours de suppression progressive, confirme une porte-parole de Nestlé. Workplace complétera notre ensemble d’outils numériques. Microsoft Office 365, par exemple, continuera d’être utilisé.»

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Débutée il y a neuf mois, la migration vers Workplace va se poursuivre ces prochains mois – pour le moment, deux tiers des 323 000 employés de la multinationale au niveau mondial utilisent ce service de Facebook, dont tous les collaborateurs basés en Suisse.

Augmenter la productivité

L’objectif numéro un de Nestlé, c’est d’accroître ainsi la productivité. Workplace «nous permet de mieux interagir au sein de l’organisation. Il favorise la liberté d’expérimentation et de partage. Cela nous aidera à atteindre notre objectif de transformer plus rapidement les bonnes idées en de bons produits pour répondre à l’évolution rapide de la demande des consommateurs», poursuit la porte-parole. La multinationale affirme que le taux d’engagement par publication a été multiplié par 25 et le taux d’utilisation sur mobile a aussi augmenté.

Facebook a déjà vendu son outil de collaboration à plus de 30 000 clients, dont plusieurs multinationales: Walmart, Spotify, Starbucks, Club Med, Heineken ou encore Danone. Le montant du contrat n’a pas été dévoilé par les deux parties. La version complète (Premium) du service coûte 3 dollars (autant en francs) par mois et par utilisateur.

Lors de sa dernière conférence F8 destinée aux développeurs, en mai dernier, Facebook avait annoncé que plusieurs dizaines de services tiers, comme Bloomberg, Google Drive ou Adobe, seraient intégrés dans Workplace. Le réseau social est en retard par rapport à ses principaux concurrents: Microsoft revendique plus de 200 000 organisations pour son service Teams, Slack affirme avoir plus de 50 000 clients payants.

Séparé du réseau social

Nestlé ne craint-il pas de travailler avec un réseau social qui a connu des problèmes de protection des données? «Workplace fonctionne séparément de la plateforme Facebook, précise la porte-parole de la multinationale. Les données appartiennent à Nestlé et sont gérées par nos soins. Nous accordons beaucoup d’importance à la protection des données et ce système est pleinement conforme aux règles en matière de protection des données.»

Il faut en effet un login et un mot de passe différents du réseau social grand public pour utiliser Workplace. Et jusqu’à présent, aucun scandale lié à des soucis de confidentialité n’est venu ternir l’image de ce service. Sur son site, Facebook précise que «Dans Workplace Premium, votre organisation détient et administre les données du compte: vous pouvez les modifier, les supprimer ou les exporter à tout moment.»

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