Nokia est de retour. Le Mobile World Congress de Barcelone, plus grand salon au monde dédié à la téléphonie mobile, a vu la marque finlandaise être sous le feu des projecteurs via le lancement d’une réédition du modèle 3310. A l’instar des appareils Blackberry, les Nokia tentent d’attirer les nostalgiques des années 2000.

Lancé en 1998, le modèle 3310 avait été le douzième téléphone le plus vendu dans le monde, avec 126 millions d’exemplaires écoulés. Parmi les douze premières positions de ce classement, Nokia avait réussi à placer neuf de ses téléphones. La marque finlandaise avait continué à dominer le marché jusqu’en 2010, avant de s’effondrer après l’arrivée de l’iPhone et surtout des portables équipés d’Android, le système de Google.

De 7 milliards de dollars à 350 millions

En 2014, Nokia avait cédé, pour 7 milliards de dollars, sa division mobile à Microsoft, pour ne conserver que la partie réseau. Mais le groupe dirigé alors par Steve Ballmer se sera montré incapable de percer sur le marché des smartphones, ses appareils haut de gamme Lumia, équipés de Windows Mobile, ne pouvant soutenir la comparaison avec ceux d’Apple ou de Samsung. Satya Nadella, une fois arrivé à la tête de Microsoft, décida de se séparer de Nokia. En mai 2016, il divisa la société en deux, la revendit à deux entités pour n’en encaisser au total que 350 millions de dollars. HMD, créée par des anciens cadres de Microsoft et de Nokia, obtint le droit d’utiliser la marque finlandaise durant dix ans.

HMD n’a pas attendu le salon de Barcelone pour relancer la marque. Depuis plusieurs mois, ses modèles 105, 222 ou 230 se vendent par millions dans les pays émergents, où de nombreux consommateurs privilégient encore des appareils basiques à moindre coût. Selon la société de recherche Strategy Analytics, Nokia détenait en 2016 9% de ce marché évalué au total à 400 millions d’unités. A titre de comparaison, il s’est vendu environ 1,5 milliard de smartphones l’année passée.

Environ 31 jours d’autonomie en veille

Le look du nouveau 3310 est proche de celui de son ancêtre: un clavier physique avec de grosses touches. L’écran est couleur, mais toujours pas tactile. Une autonomie de 22 heures est promise pour les communications et de 31 jours en veille. La mémoire n’est que de 16 Mo – il sera possible de l’étendre via une carte MicroSD. Disponible en quatre couleurs, le Nokia 3310 est doté d’une radio FM, mais dépourvu de Wi-Fi ou de magasin d’applications. Une vingtaine de programmes sont pré-installés, dont le fameux jeu du serpent. Le téléphone sera vendu 49 euros (environ 53 francs) au deuxième trimestre 2017. Nokia veut aussi percer dans le marché milieu de gamme avec trois nouveaux smartphones équipés, eux d’Android.

En parallèle, un nouveau Blackberry a aussi été présenté à Barcelone. Le modèle KEYone est lui aussi équipé d’un clavier. Mais il n’est pas non plus produit par son fabricant d’origine. C’est la société chinoise TCL qui détient désormais les droits de fabriquer des téléphones sous la marque Blackberry, après que la firme canadienne Research in Motion lui a cédé les droits. Le KEYone sera disponible en avril au prix de 599 euros (environ 641 francs).