«35 francs pour skier, ça va»

Hélène Beausoleil vit à Genève avec Lina, sept ans, adoptée il y a trois ans. Seule pour subvenir à leurs besoins, elle cumule deux emplois, clown et formatrice, qui représentent un 80%. Financièrement, elle dit qu’elle s’en sort bien et ne bénéficie d’aucune aide extérieure, à part un quatre pièces cuisine subventionné, à Carouge.

«Nous n’avons pas de tablettes ou de jeux électroniques. Il arrive que ma fille réclame un téléphone portable ou une télévision dans sa chambre, comme certains de ses camarades. Mais j’essaie de lui faire comprendre qu’on ne peut pas tout avoir. Pareil lorsqu’elle demande de nouveaux vêtements», explique Hélène Beausoleil. Lina ne reçoit et ne réclame pas d’argent de poche. A table, elle apprécie la cuisine de sa maman, des plats simples et sains. Et elle file se laver les dents consciencieusement, par crainte du dentiste.

L’année des Beausoleil est rythmée par trois activités principales: le ski en hiver, la natation au printemps et l’entraînement pour la course de l’Escalade de juillet à décembre. «Avec ma fille, nous courons tous les dimanches matins. Nous avons intégré un petit groupe, et même si je n’ai personnellement pas beaucoup de physique, j’adore ces moments, simples et amicaux. Nous partageons un objectif commun, c’est vraiment super», s’exclame-t-elle.

«Je fais attention»

Si Hélène Beausoleil devait connaître un passage difficile sur le plan financier, elle assure qu’elle ne toucherait pas aux loisirs de sa fille, qui fréquente par ailleurs l’école de cirque, qui lui coûte 100 francs par mois. «Je trouve important qu’un enfant puisse avoir des activités régulières et ne subisse pas les imprévus, estime Hélène Beausoleil. En cas de pépin, je trouverais sûrement d’autres astuces», assure-t-elle. Comme des vacances moins chères. L’été dernier, mère et fille ont fait une semaine de camping et sont allées rendre visite à la famille près de Bordeaux. Elles s’apprêtent à partir cinq jours skier, durant lesquelles Lina prendra des cours. «Je ne connais pas de fins de mois difficiles, confie-t-elle. Cependant, je fais attention. Je regarde le prix des choses et j’évite le superflu. Mais je ne nous prive de rien. J’ai par exemple un budget pour le baby-sitting. J’en ai besoin lorsque je dois travailler le soir, mais aussi pour m’offrir une sortie de temps en temps. Et même si nous nous déplaçons beaucoup à pied, à vélo ou en transports en commun, j’ai une voiture.»

Par contre, la maman avoue que planifier les emplois du temps demande beaucoup d’énergie. «Par chance, Carouge est en endroit très vivant, populaire, avec beaucoup de familles. La Maison de quartier organise quantité d’activités. Lina y va avec plaisir», raconte Hélène Beausoleil.

Au début, la jeune maman était stressée avant les vacances scolaires, sachant qu’elle allait être obligée de trouver un lieu d’accueil pour Lina. «Par chance, la Maison de quartier propose aussi tout un programme pendant ces périodes. Prochainement, Lina est inscrite pour les journées de ski. Pour 35 francs la journée, je trouve que c’est correct», estime-t-elle.

Plus qu’un soutien financier, c’est une société un peu plus family friendly que souhaiterait Hélène Beausoleil. «Je constate régulièrement qu’il y a un manque complet de sensibilité à la vie familiale. Lorsque j’apprends qu’il y a une réunion le soir ou une journée de réflexion le mercredi après-midi, jour de congé des enfants, je trouve que ce n’est pas correct», relève-t-elle.