Pas moins de 36% des voix exprimées par les actionnaires se sont opposées jeudi au vote consultatif sur le rapport de rémunération, lors de l’assemblée générale de la première banque suisse UBS. Si ce vote, accepté par 60% des votants, n’a qu’un caractère consultatif pour l’établissement, il représente néanmoins une proportion élevée en comparaison des autres sociétés.

Chez Credit Suisse, seul 31% des votes exprimés par les actionnaires s’étaient opposés vendredi au rapport sur les rémunérations du numéro deux bancaire helvétique. A l’étranger, les actionnaires de Barclays avaient aussi refusé le rapport sur les rémunérations de la banque britannique dans une même proportion.

A l’issue du vote, Kaspar Villiger, le président du conseil d’administration, a réagi en soulignant que la banque «prend ce résultat au sérieux».

Forte opposition à la décharge

Par ailleurs, les actionnaires ont aussi exprimé leur mécontentement à propos de l’affaire du trader de Londres qui a coûté près de 2 milliards de francs à la banque l’automne dernier et entraîné la démission de son ancien directeur Oswald Grübel.

La décharge a certes été accordée aux membres du conseil d’administration et à la direction d’UBS mais elle n’a été approuvée que par seulement 52% des actionnaires, comparé à 39% de voix contre et 8% d’abstentions. A l’issue du vote, Kaspar Villiger a admis qu’il ne s’agissait «pas d’un résultat brillant».

Elections au conseil d’administration

Axel Weber, Isabelle Romy et Beatrice Weder di Mauro ont été élus jeudi au conseil d’administration d’UBS par l’assemblée générale des actionnaires réunie à Zurich-Oerlikon. L’économiste allemand Axel Weber obtient plus de 98% de voix en sa faveur.

L’élection de l’économiste allemand Axel Weber (55 ans), ancien directeur de la Bundesbank, la banque centrale allemande, marquera ainsi le retour d’un banquier à la présidence d’UBS. Il doit succéder au président sortant du conseil d’administration Kaspar Villiger, dont le départ un an plus tôt que prévu est connu depuis novembre dernier.

Cesser d’être une destination pour l’évasion fiscale

La Suisse doit cesser d’être une destination pour l’évasion fiscale et les accords fiscaux négociés notamment avec l’Allemagne doivent permettre de régulariser la situation des banques, affirmait plus tôt dans la journée le président de la première banque helvétique, UBS. «La Suisse ne doit pas être une place financière pour évadés fiscaux»

«Durant des années, le secret bancaire était un élément important de l’attractivité de la place financière suisse, y compris pour l’évasion fiscale», mais «le secret bancaire a de plus en plus perdu sa légitimité», a-t-il insisté.

Pour le président d’UBS, qui doit être remplacé lors de l’assemblée générale par l’ex-patron de la banque centrale allemande Axel Weber, «l’impôt libératoire, tel qu’il a été négocié avec l’Angleterre, l’Allemagne et l’Autriche, est une solution viable vis-à-vis de l’UE».

Kaspar Villiger a cependant rejeté, tout comme une grande partie de la classe politique suisse, l’échange automatique de données bancaires tel qu’il est pratiqué par certains pays de l’UE.

«Les banques suisses ne sauraient être le bras droit des autorités fiscales étrangères», a averti Kaspar Villiger.