Retraite

40% des Romands espèrent toucher 90% du dernier salaire

Le tiers des Suisses s’attend à une rente équivalant à 90% du dernier salaire, selon une enquête de l’institut gfs-Zurich et d’UBS. Cet espoir est démesurément optimiste, selon la grande banque. Plus le revenu est bas et plus les attentes des épargnants sont élevées

«Les difficultés de l’AVS et la chute de rendement du deuxième pilier devraient amener les Suisses à épargner par d’autres moyens pour leur retraite», déclare à la presse, mardi à Zurich, Daniel Kalt, chef économiste auprès d’UBS. Mais seuls 52% prennent des mesures à titre privé à travers le pilier 3a, selon une enquête réalisée par l’institut gfs-Zurich et UBS. «Les attentes sont démesurément optimistes», déclare Veronica Weisser, économiste d’UBS spécialisée dans la prévoyance. En effet, un tiers des Suisses s’attendent à toucher une rente à hauteur de 90% du dernier salaire et deux tiers à 70% du dernier salaire. La loi a pour objectif le maintien du niveau de vie. Il est communément admis dans les milieux spécialisés que la prévoyance obligatoire (AVS et 2ème pilier) corresponde aux deux tiers du dernier salaire pour les revenus médians et inférieurs. Les attentes doivent être plus basses pour les hauts revenus en raison du taux de conversion plus bas accordé dans la partie surobligatoire. «Pour les jeunes, l’objectif raisonnable est aux alentours de 50%», selon Veronica Weisser.

Les attentes des Romands sont encore plus élevées que la moyenne: 41% espèrent gagner 90% du dernier salaire. 74% pensent recevoir 70% du dernier salaire. L’enquête signale que plus le revenu est bas et plus les attentes sont fortes. Par contre, seuls 15% des plus de 7000 francs de revenu s’attendent à gagner 90% de leur dernier salaire. Enfin, les femmes sont plus optimistes que les hommes. L’enquête, réalisée en juillet, porte sur 1200 personnes romandes, tessinoises et alémaniques de 18 à 84 ans.

Un choix de produits discutable

Si la moitié des Suisses cherchent un complément de retraite, ils choisissent des produits à faible rendement de la prévoyance individuelle liée, ou pilier 3a (52%), plutôt que des titres sous forme d’actions, obligations ou fonds (42%) ou la propriété immobilière (3%). La Suisse romande se met en évidence avec la part d’investissement en titres la plus grande dans le cadre du 3e pilier (27%).

Le marché 3a représente 100 milliards de francs. Il est privilégié pour ses avantages fiscaux, selon l’enquête. Les jeunes ne sont pas insensibles à cet aspect. «Nous constatons que les jeunes ont une piètre connaissance de la prévoyance et qu’ils font le choix de la sécurité, à travers le compte d’épargne 3a, alors qu’il a la capacité de prendre des risques» indique Veronica Weisser. Le rendement de ce type de placement n’est plus que de 0,5% en moyenne. Un jeune a l’avantage de pouvoir avoir un horizon de placement à long terme, observe l’économiste. «Les Romands investissent de plus petits montants dans le pilier 3a que les Alémaniques», révèle Andreas Schaub, directeur de gfs-Zurich. Ils sont 35% à investir plus de 5000 francs, contre 57% pour les Alémaniques.

Pour 40% des Suisses, impossible d’épargner

L’enquête a également évalué l’épargne disponible des Suisses après paiement de toutes les dépenses, y compris pour le 3a. «Il en ressort que 40% ne peuvent rien mettre de côté», note Andreas Schaub. 45% ont toutefois un solde positif à la fin de l’année. Enfin, alors que 15% pourraient épargner davantage, ils disent préférer le dépenser. Les montants épargnés sont modérés: 56% des sondés sont en mesure d’épargner plus de 5000 francs une fois que toutes les factures ont été réglées.

UBS a par ailleurs présenté mardi une structure de portefeuille de titres adaptée à chaque tranche d’âge avec pour un objectif de préservation du capital au moment de la retraite. Il s’agit pour elle de mettre un terme à l’approche classique du risque qui le mesure en termes de volatilité (fluctuations). La sécurité a longtemps été obtenue dans les obligations. Mais avec des rendements obligataires négatifs, la sécurité n’est plus liée aux produits de taux. La nouvelle définition du risque est celle d’une perte en capital et se traduit par une part plus élevée en actions.

Les jeunes devraient davantage investir en actions

Pour la génération Y (18-35 ans), il est dès lors recommandé d’investir l’épargne vieillesse à 75% en actions diversifiées, 15% en obligations en francs et 10% dans l’immobilier.

La génération des baby-boomers (45-56 ans) peut encore investir à 46% en actions, 44% en obligations en francs et 10% en immobilier. Mais pour les 57 à 65 ans, le temps avant la retraite est trop court pour investir en actions avec un risque bien contrôlable. Un compte d’épargne est donc privilégié. Mais si l’épargnant peut allonger son horizon de placement, la structure devient 25% en actions, 65% en obligations et 10% en immobilier.


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