Les prévisions de croissance des assureurs suisses sont toutes optimistes. Le consultant EY publie jeudi une étude qui arrive à une conclusion totalement différente: «45% des assureurs pourraient être évincés du marché d'ici 2030. Et si la disruption s'accélère, jusqu’à 70%». Non seulement les possibilités de croissance sont limitées, mais un recul des volumes est même envisageable, affirme Achim Bauer, responsable du secteur Assurance EY Suisse.

Baisse de la fortune des ménages

Les raisons de ce pessimisme sont nombreuses. Yamin Gröninger, directeur chez EY Financial Services Suisse, cite le franc fort, une baisse de la fortune des ménages (de 0,1% d’ici 2018), la démographie et l’environnement politique et réglementaire.

Le marché suisse de l’assurance est déjà saturé, à son goût. Les dépenses d’assurance par ménage et par an atteignent 7267 francs, ce qui représente 11% du revenu. Seul le Luxembourg dépasse ce montant.

Les projets de Prévoyance vieillesse 2020 «freinent le développement du marché». Et les coûts des assureurs augmentent en réponse aux règlements tels que «Solvabilité II» «Test de Solvabilité Suisse» et «Common Reporting Standard».

Les assureurs suisses seront forcés de s’associer avec des concurrents à moins d’être évincés. «Les sociétés «Insurtech» (assureurs utilisant les nouvelles technologies) et de grands groupes étrangers pourraient gagner des parts de marché considérables», selon l’étude.

Cette étude est d'avis que la branche de l’assurance devrait vivre la même transformation que celle vécue par l’industrie du voyage. Pour les entreprises existantes, le risque de perdre l’accès aux clients est significatif. Dans l’automobile, les fabricants connaissent mieux leurs clients que les assureurs, explique l’auteur.

Les assureurs suisses devront soit nouer des partenariats avec les nouveaux acteurs, soit offrir des services personnalisés pour lesquels les concurrents numériques ne peuvent pas rivaliser, recommande EY.

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