Patrimoine

Pas moins de 466 000 ménages suisses sont millionnaires

La Suisse est le pays qui compte la troisième plus forte proportion de millionnaires, devant Hongkong et le Qatar, selon Boston Consulting. Le pays reste leader de la gestion transfrontalière, avec 2400 milliards de dollars sous gestion, près du double du Royaume-Uni. Le patrimoine des plus fortunés de la planète a profité de la hausse des marchés actions

Le nombre de millionnaires en dollars dans le monde s’est accru de 8% l’an dernier pour atteindre 17,9 millions, selon l’enquête annuelle de Boston Consulting Group présentée lundi à la presse.

La Suisse est fort bien représentée dans ce classement des fortunes financières privées. Ces dernières comprennent les avoirs en banque, les actions, les fonds de placement, les avoirs en prévoyance (2e et 3e piliers), mais pas l’immobilier. Le pays compte la troisième plus forte proportion de ménages millionnaires (13,4%) et se place derrière le Liechtenstein (16,3%) et Bahreïn (18,2%). Mais il devance Hongkong (8,8%) et le Qatar (7,8%). La liste ne manque pas de surprises. La Suède, modèle d’égalité, se classe au 14e rang avec 4,2%. Mais en nombre absolu, les Etats-Unis restent leaders, avec 7,6 millions de millionnaires (5,7%), devant la Chine, avec 2,1 millions.

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Le total des fortunes privées mondiales est estimé à 167 000 milliards de dollars. La croissance des actifs s’est accélérée de 4,4% en 2015 à 5,3% en 2016 en raison de la forte hausse des actions, selon le consultant. La performance des actifs existants est responsable de 51% de la hausse et la création de nouvelles richesses de 49%.

L’Asie bientôt devant l’Amérique du Nord

L’impulsion vient principalement d’Asie (+9,5%) même si l’augmentation y est inférieure à 10% pour la première fois en cinq ans. Nous sommes à un moment clé de l’histoire des richesses, selon Boston Consulting. A la fin de cette année, l’Asie dépassera l’Europe occidentale. Et en 2019, ce sera le tour de l’Amérique du Nord de passer derrière l’Asie.

Au total, ces cinq prochaines années, le taux de croissance des fortunes privées devrait s’élever à 6% par an. C’est le segment le plus fortuné qui devrait profiter de la plus forte progression d’ici à 2021. Les ménages au bénéfice d’une fortune de 20 à 100 millions devraient assister à une hausse de leurs actifs de 10,2% par an et les moins d’un million de 3,7%.

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Les fortunes privées privilégient les banques locales (onshore), mais Boston Consulting prévoit tout de même un bel avenir pour les centres transfrontaliers (offshore). Or, avec une part de marché de 24%, la Suisse est de loin le premier centre offshore, avec 2400 milliards de dollars sous gestion (elle gère aussi 1200 milliards onshore). Le pays dépasse les centres transfrontaliers tels que le Royaume-Uni (1300 milliards) et les Caraïbes (1300 milliards). D’ici à 2021, le centre offshore suisse devrait croître de 3,1% par an. Ce sera inférieur à Singapour (+8% par an), laquelle se hissera alors au deuxième rang de cette catégorie, alors que le Royaume-Uni tombera du 2e au 4e rang.

Vers la suppression de 7000 emplois en Suisse

Un grand nombre de patrimoines vont changer de mains ces cinq prochaines années. Boston Consulting parle de 400 milliards de dollars «mobiles» à la suite d’héritages (150 milliards), de la croissance des actifs offshore (150 milliards), des paiements en capital des caisses de pension (38 milliards) et de la vente de PME (62 milliards).

Si la Suisse reste un lieu d’accueil pour les grandes et petites fortunes, les banques qui les gèrent souffrent d’une compression de leurs marges. Le nombre d’instituts a chuté à 260 à la fin de 2016, contre 327 à l’éclatement de la crise. La pression va persister, selon l’étude. Après avoir perdu 7000 emplois depuis 2008, Boston Consulting anticipe des coupures d’effectifs d’une même ampleur ces cinq prochaines années.

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Le rendement des actifs gérés est passé de 1,07% à 0,78%. De nombreuses banques de taille moyenne et petite souffrent d’une rentabilité insuffisante. Le rapport entre coûts et produits est d’ailleurs de 73% en moyenne pour les établissements de taille moyenne (par exemple Julius Baer, Pictet, Lombard Odier) et de 80% en moyenne pour les plus petits.

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