En automne dernier, les dirigeants de 4M Technologies ont été clairs sur les difficultés du groupe yverdonnois. En raison d'une crise majeure sur le marché des disques optiques, pour lequel l'entreprise livre des systèmes de production complets, 4M a connu une forte baisse d'activité pesant sur ses charges et faisant exploser les inventaires, avec un problème de trésorerie à la clé. Pour sauver la compagnie, un consortium bancaire a injecté 20 millions de francs, et le fondateur de la société a ouvert une ligne de crédit pour couvrir les restructurations nécessaires.

En chiffres, l'exercice 2000 de 4M se solde ainsi par une baisse de 49% de son chiffre d'affaires à 116,7 millions de francs et par une perte nette de 72,5 millions dont 40 millions de provisions. Pour mémoire, le groupe avait enregistré un bénéfice de 10,5 millions en 1999, année record. Ses dirigeants ont rapidement réagi. Parallèlement au plan de sauvetage, ils ont pris une série de mesures destinées à adapter les opérations de 4M aux attentes du marché, pour une économie annuelle de l'ordre de 17 millions. Ces actions comprennent la concentration de toutes les fonctions clés de la compagnie sur le site d'Yverdon, et surtout la réduction des effectifs, qui ont passé de 345 à 240 collaborateurs. Reste que malgré la relative fragilité du groupe, qui navigue avec des liquidités comprises entre 2 et 5 millions et doit encore résorber des inventaires d'un montant de 43 millions, ses responsables sont confiants pour l'avenir sur un marché en pleine reprise. «Nous sommes en train de tailler la compagnie pour qu'elle soit rentable, avec des ventes comprises entre 130 et 150 millions, expose Adel Michael, président et directeur exécutif du groupe. Et nous allons certainement y arriver cette année.»