Placés en octobre dernier sur le Nouveau Marché de la Bourse suisse au prix de 300 francs, les titres de 4M Technologies ont flirté avec la barre des 800 francs au début du mois de mars. Depuis lors, le cours des actions n'a cessé de dégringoler. Lundi le titre a perdu 18% pour clôturer à 180 francs. Lors de l'entrée en Bourse, les responsables de la société yverdonnoise avaient cependant mis en garde les investisseurs en prédisant une érosion des marges de 15%. Ils n'avaient toutefois pas prévu que celle-ci atteindrait 30%. Ils n'avaient pas non plus envisagé un effondrement de la demande d'équipements pour la production de CD-R, les CD enregistrables, principal secteur d'activité de la société vaudoise, qui a réalisé l'an dernier trois quarts de ses affaires dans ce domaine.

Même si le chiffre d'affaires progresse de 2,7%, à 84,8 millions de francs, l'entreprise vaudoise boucle donc ses comptes semestriels sur une perte d'exploitation de 7,13 millions de francs et une perte nette 6,48 millions de francs. Un résultat plus que décevant puisqu'il y a moins d'une année les responsables de 4M Technologies tablaient encore sur une progression des ventes de 20% et une marge opérationnelle de 10%. Une contre-performance que nuance toutefois le patron et fondateur de l'entreprise Adel Michael. «Notre société n'a pas de problème, c'est le marché des équipements pour la production de disques optiques qui traverse une passe difficile.» Une situation qui peut paraître paradoxale dans la mesure où le stockage de données digitales double chaque année avec une certaine régularité. «La demande de CD-R progresse, mais les besoins en équipements destinés à les produire n'évoluent pas toujours de la même manière. Il s'agit d'une industrie cyclique, qui en ce moment souffre de surcapacités», explique Adel Michael. Les entrées de commandes s'en ressentent. Durant le premier semestre elles ont atteint 28 millions de francs contre 187 millions un an auparavant. Les responsables de 4M Technologies estiment cependant que le creux de la vague est atteint. «La demande de supports devrait reprendre durant le second semestre 2000 et les ventes d'équipements s'améliorer en 2001», affirme Adel Michael. D'ici là, 4M traversera encore une passe difficile. Pour améliorer sa rentabilité et réduire ses coûts, l'entreprise a supprimé une trentaine postes de travail temporaire et différé des investissements. Mais malgré ces mesures la perte opérationnelle pour l'exercice 2000 atteindra tout de même 20 millions de francs.

Cap sur le DVD

Pour réduire sa dépendance vis-à-vis des CD-R, 4M Technologies a décidé de diversifier sa production en augmentant la part des CD préenregistrés et en mettant l'accent sur le DVD. Les commandes dans ce dernier secteur atteignent désormais 20 millions de francs. «Le développement de la vidéo sur DVD constitue pour nous une chance à saisir», relève Adel Michael. Il y a quelques semaines, l'entreprise vaudoise annonçait la signature d'un protocole d'accord avec la société japonaise Matsushita. Objectif: développer des solutions clés en main pour la production de disques optiques ré-enregistrables à haute densité (DVD RAM).

Les nouveaux produits devraient relancer les ventes de 4M, mais il ne faudrait toutefois pas que la reprise du secteur se fasse trop attendre car les réserves de liquidités de la société atteignent à peine 9 millions de francs alors que les stocks enflent. «Si les ventes ne redémarrent pas au cours du premier semestre 2001 4M risque de rencontrer de gros problèmes de liquidités», affirme Frank Oliver Jüdt, analyste à la A & A Actienbank.