Dans quatre mois les vacances de février démarrent. Comment trouver, à un prix raisonnable, le chalet ou l'appartement qui fera l'affaire? Quelques conseils.

Une semaine de ski réussie vaut bien un petit voyage. Pourquoi ne pas passer un week-end de préparation dans une station des Alpes? De plus, les prix d'octobre sont moins chers que ceux pratiqués pendant la haute saison. Il est préférable de sélectionner un seul village et de voir, de l'extérieur, les logements encore vacants que l'Office du tourisme vous a indiqué. Ces visites permettront de vérifier toute une série d'éléments cruciaux tels que la proximité des pistes, l'éloignement des routes bruyantes, la présence d'une boîte de nuit dans le voisinage immédiat et l'ensoleillement. Attention, à la mi-octobre il est un peu plus généreux qu'au début février.

En 2005, les prix de haute saison seront le plus souvent pratiqués en Suisse romande entre les samedis 5 et 19 février. Pendant la première de ces deux semaines les écoliers genevois seront en vacances alors que les vaudois et les valaisans auront congé lors de la seconde. Les Suisses font près de la moitié des nuitées hivernales du Valais. Certaines stations, dépendantes d'un pays étranger, seront aussi chargées à d'autres périodes. Dans les Alpes françaises, la haute saison démarre également le 5 février, pour durer généralement quatre semaines, certaines stations l'étendant encore tout le mois de mars. Mais ces délimitations restent à la discrétion des loueurs.

France ou Suisse?

Quelles sont donc les différences de prix entre la semaine touristique qui débute le samedi 29 janvier et celle qui démarre le 5 février? Un appartement, trouvé à Ovronnaz, se paiera 40% plus cher à la période cruciale que lors de la semaine qui précède. Le locataire peut essayer de se consoler en pensant à la semaine de Nouvel An, période où il devra débourser 90% de plus. Une étude menée par BHP – Hanser und Partner, de Zurich, a conclu que les prix des hôtels en Suisse sont de 22% à 50% plus élevés en haute qu'en moyenne saison. Il s'agit des prix hôteliers, sachant qu'aucune comparaison exhaustive n'a été menée pour la location. En France, les écarts apparaissent comme plus vifs encore. A Avoriaz, un deux pièces pour quatre personnes se paie 812 euros (1260 francs), soit 70% de plus que pendant la période creuse.

«Nous sommes un petit peu moins cher que dans une station comparable en Suisse», estime Stéphane Lerendu, directeur de l'Office du tourisme d'Avoriaz. «Une comparaison établie la saison passée par la Télévision suisse romande a montré qu'il n'y a pas de différences de prix des deux côtés des Portes du Soleil», rétorque Steve Theytaz, son homologue à Champéry, de l'autre côté de la frontière, dans le Valais. Aujourd'hui l'euro est à peine moins fort qu'en février dernier.

«La France n'est pas moins cher, en Suisse les logements sont souvent beaucoup plus spacieux», estime Patricia Gindre, responsable pour la Suisse romande d'Interhome, une agence qui loue dans les deux pays. Un appartement comprenant une salle de séjour et deux chambres, se loue 1200 francs à Nendaz. Aux Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie, il faudra débourser 100 francs de plus. Pour obtenir un plus grand nombre de pièces en France, il faut prendre un logement prévu pour six personnes, même si l'on ne vient qu'à quatre.

«L'écart des prix entre les chalets au pied des pistes et les autres tend à se restreindre», estime Yvan Aymon, directeur adjoint de Valais Tourisme. En effet, les Suisses qui vont à la montagne pour une autre activité que le ski sont de plus en plus nombreux. A Crans-Montana, la moitié des touristes d'hiver ne skient pas. «Il faut compter une dizaine de francs de plus par jour et par personne pour un accès immédiat», note Simon Bumann, directeur de l'Office du tourisme de Saas-Fee. Ramené à une semaine pour quatre personnes, cela représente 300 francs, soit un quart du prix. Pour obtenir un chalet individuel, il faut dépenser un tiers de plus que pour un appartement de taille comparable.

Gare aux commissions

En l'absence d'un outil qui réunirait toutes les stations, les systèmes de réservation restent très fragmentés. En Suisse, les plus grands bailleurs sont les privés. Ainsi, les petites annonces restent un bon filon pour dénicher la bonne affaire, elles permettent d'épargner la commission perçue par l'opérateur ou la station. Dans le Valais ces dernières demandent, aux propriétaires, entre 8% et 12% du prix de la location. «Les agences exigent plus de 20%», confie une observatrice de ce marché.

Les grandes agences de location, comme Interhome, Reka, Lagrange ou Pierre et Vacances, font gagner du temps. Les offices du tourisme promeuvent une partie des logements privés, de même que les agences immobilières locales. Typiquement, une station en compte deux ou trois d'importance. Dans le Valais, plusieurs regroupements de stations ont pris place, ce qui permet d'économiser du temps. On trouve notamment Chablais-Portes du Soleil, le plateau de Crans-Montana, Verbier-Val de Bagnes et la région de Sierre et le val d'Anniviers. On peut aussi tenter sa chance auprès des autres grandes stations, comme Zermatt, Saas-Fee ou Loèche-les-Bains. Dans le canton de Vaud, Château-d'Œx regroupe les offres des stations voisines.

L'année passée, Yvan Aymon, a testé le système de réservations de dernière minute: «Le 26 décembre, j'ai trouvé un séjour, débutant le jour même, à Crans-Montana.» Les professionnels du tourisme doivent généralement annoncer vingt et un jours à l'avance le nombre de logements auxquels ils renoncent. Ainsi la période qui précède de trois semaines un départ en vacances est propice aux réservations tardives. Chez Interhome, les offres de dernières minutes sont proposées dès le samedi qui précède d'une semaine le départ, avec un rabais de 33%. Le 29 janvier, le samedi qui anticipe le début de la période cruciale, «on devrait en trouver» prévoit Patricia Gindre. Elle conseille de bien lire les descriptifs des objets proposés, qui sont moins subjectifs qu'une photo.