Innovation

56 start-up suisses ont investi pour présenter leur projet à Dublin

Certaines sociétés sont venues se faire connaître. D’autres sont là pour chercher un financement. Tour d’horizon des participants

Une cinquantaine de start-up suisses est présente au Web Summit. Certains n’en sont qu’à l’étape de conception comme Juuin, un site web qui devrait voir le jour pour l’été 2016. L’idée? Aider les étudiants à trouver un stage qui leur correspond grâce aux commentaires et notes donnés par d’autres jeunes ayant occupé le poste précédemment. Leur a-t-on confié des responsabilités? Ont-ils été payés? Pascal Gasser et Fabrizio Cocco, 27 ans, sont venus à Dublin à la recherche de conseils. «Il est trop tôt pour chercher un financement, on voulait voir si les autres entrepreneurs nous disaient que l’idée était ridicule ou si on pouvait se lancer», confiait Pascal, qui se donne tout de même deux ou trois ans pour voir décoller sa première start-up.

D’autres ont utilisé le Web Summit pour approcher des ventures capitalistes prêts à investir. C’est le cas de PassengerFirst qui propose de s’occuper de vos petits tracas avec les transports. Retard d’avion, bagage égaré, scannez votre billet d’avion sur leur site web (en version beta fin 2015), ils s’occupent du reste, moyennant 20% de commission. «Le marché mondial est évalué à 16 milliards de dollars par an», s’enthousiasme Jose Caceres Blundi, un franco-italo-argentin, qui travaille par ailleurs pour General Electrics à Baden. Les sept autres membres de l’équipe – entre 23 et 34 ans – cumulent de nombreuses nationalités mais centralisent leurs opérations à Zurich. L’objectif semble atteint, les investisseurs ont mordu à l’hameçon. Une seule condition pour cela: PassengerFirst doit signer un premier contrat avec une entreprise et montrer qu’elle peut gérer les problèmes de transport de ses employés.

Après le financement, le second sésame est l’internationalisation. Newsroom n’a pas encore soufflé sa première bougie mais la start-up compte déjà trois directeurs, trois employés et vingt freelances, tous suisses, qui collectent et mixent du contenu social. Leur dernier gros partenariat? Le mois dernier, pour les élections nationales avec le PLR, les libéraux-radicaux. Les comptes Facebook, Twitter et Vine du parti, des vidéos, leurs communiqués de presse ont été intégrés sur un même site, en direct live. «Nous utilisons un financement propre, notre cash-flow ce mois-ci a été de 80 000 francs. Ici à Dublin, nous ne cherchons pas de fonds mais des clients internationaux», expliquait Brian Ruchti, l’un des fondateurs, sur son stand.

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Qu’ils soient «Alpha» ou déjà dans la cour des grands, se faire connaître reste le b.a.-ba. Les frères Giancola l’ont bien compris et ont créé Qiibee, une sorte de Facebook où les internautes gagnent des cadeaux lorsqu’ils partagent, recommandent et commentent une marque. Parmi leurs clients, une franchise Burger King mais aussi la région touristique de Flumserberg qui récompense les utilisateurs s’ils partagent une photo d’eux sur la piste de ski ou au restaurant. Mais avant de faire connaître les autres, il faut déjà se faire connaître soi-même, la petite start-up familiale y travaille d’arrache-pied, les fils depuis Dublin, la mère en back-office à Zurich.

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