Technologie

5G et santé: lectrices et lecteurs du «Temps» s’interrogent

Notre dossier sur cette nouvelle technologie en téléphonie mobile a suscité de nombreuses réactions, appelant de nouveaux articles sur ce sujet

Pas une seule femme interrogée dans le cadre de notre dossier, paru mercredi dernier, sur les conséquences de la 5G sur la santé. Nostra culpa, donc. Par contre, autant de lectrices que de lecteurs ont réagi, notamment par e-mail, à la suite de cet article. De nombreux messages qui, pour l’essentiel, nous demandent une chose: aller plus profondément encore dans ce sujet, auquel nous avons déjà consacré deux pleines pages.

La question de la vie à proximité des antennes intéresse beaucoup nos lecteurs. «Merci pour votre article sur la 5G, écrit une lectrice. J’aimerais juste ajouter que certains scientifiques oublient qu’il y aura de plus en plus de personnes (et surtout pas celles, comme Federer, qui font de la pub pour la 5G et qui peuvent sans aucun doute s’offrir un appartement à distance suffisante d’une antenne télécom) qui vont devoir se retrouver dans un appartement à hauteur d’une antenne télécom.» Cette femme relate l’expérience de son frère vivant juste en face d’un émetteur: «Il ne supportait pas ses ondes, et allait dormir dehors le plus souvent […] Mon autre frère lui avait fait remarquer qu’il sentait une drôle de sensation dans la tête quand il passait du temps chez lui.»

«Au-dessus de mon lit…»

Un autre lecteur affiche une inquiétude similaire. «N’utilisant pas de smartphone, je ne cours aucun risque. Mais au-dessus de mon lit qui gît sous un toit qui abrite une antenne aux multiples émetteurs-récepteurs, je suis certain que mon exposition à ces mêmes ondes est plus que risquée. Mon sommeil en souffre, celui de mon épouse aussi, laquelle s’offre en prime des céphalées et des migraines à n’en plus finir.» Il poursuit, fataliste: «A l’évidence rien ne va être ou pouvoir être prouvé scientifiquement quant à la nocivité des ondes émises. Les lobbies sont trop puissants. Les expériences du tabac, de l’amiante, des produits chimiques «agricoles», des moteurs diesel trafiqués sont là pour l’illustrer. Et j’en passe. Il faut des lustres pour que puisse éclater la réalité des choses.»

Un autre sujet est suggéré par un lecteur: «Qui sont donc ces personnes dites «électrosensibles», pour qui les ondes représentent un calvaire quotidien? Je n’en fais pas partie, mais j’en connais et il m’est difficile de nier leur existence. Il serait intéressant de s’interroger sur d’autres effets que le cancer.» Comme d’autres, il s’interroge aussi sur le sens de l’introduction de la 5G: «Je n’évoque pas ici d’autres questions, plus profondes encore, comme la finalité de la 5G et des développements technologiques qui l’accompagnent (et dont les effets sociaux, moraux et spirituels sont peut-être plus à craindre encore que ses effets physiques).»

Indépendance questionnée

Des lecteurs apportent aussi leur expertise technique pour nuancer certains points de notre dossier et apporter des précisions – des éléments précieux pour la suite.

Reste que l’indépendance de l’article est aussi remise en question. Une lectrice ne prend pas de pincettes: «Votre déontologie journalistique m’afflige, débute-t-elle. […] Vous ne faites que répéter le discours bien appris de Swisscom, Sunrise et Salt et de l’OFEV [Office fédéral de l'environnement]. A part quelques lignes de la FMH [Fédération des médecins suisses] et des mots rassurants de ce médecin du CHUV qui se moque bien de la souffrance des personnes affectées depuis des années déjà par les ondes électromagnétiques. Pas plus de cancers, vraiment? Nous n’avons pas accès aux mêmes études médicales visiblement.». Elle conclut: «Je trouve votre article absolument lamentable. Hélas, il semble que le journalisme ait bien changé.» Un message qui mérite une réponse: nos articles ont été rédigés en toute indépendance, et en sollicitant des experts de tous bords.

Un lecteur prend le parti inverse, écrivant: «Dans le monde actuel où la «scientisation» des informations est sous l’égide d’un marketing de plus en plus ciblé et performant, je tiens à vous remercier pour cet article concis, honnête et sans fioriture.». Enfin, une lectrice nous écrit: «C’est votre article «Comment diminuer son exposition aux ondes» qui m’a finalement décidée à vouloir souscrire à un abonnement au Temps.» Problème: un souci technique sur notre site l’en a empêché mercredi passé…

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