Comment faire mieux sans décevoir lorsqu'on est trop souvent désigné comme premier de classe? C'est le dilemme de Novartis qui dispose, selon les experts, du meilleur «réservoir» de médicaments, et dont le nom apparaît dès qu'une autre entreprise pharmaceutique est à acheter.

Daniel Vasella, patron et alchimiste du groupe, n'a pas failli à la tradition des superlatifs, jeudi à Bâle, lors de la présentation des résultats 2005 sur fond de paroi de verre bleutée. «Avec 14% de ventes supplémentaires, Novartis enregistre une très forte croissance à deux chiffres.»

Mais les investisseurs n'ont pas été convaincus par le chiffre d'affaires. Le consensus des analystes financiers se situait en effet à une centaine de millions plus haut que les 32,21 milliards de dollars annoncés.

Les attentes ont surtout été déçues par le bénéfice opérationnel. En croissance de 10% par rapport à 2004, comme le bénéfice net, il n'a pas dépassé la barre psychologique des 7 milliards de dollars.

Les investisseurs ont sanctionné le cours de l'action de plus de 2,5% jeudi à la clôture de la Bourse suisse.

Aucune mauvaise nouvelle certes, mais cela n'était pas suffisant. Le marché attendait une bonne surprise, par exemple l'avancement plus rapide que prévu des médicaments proches de l'homologation. Le programme est tenu, ni plus ni moins.

Deux produits ont perdu leur code et sont désormais baptisés. LAF237 s'appelle ainsi Galvus. Le dossier de ce médicament contre le diabète, au nouveau mécanisme d'action entraînant moins d'effets secondaires, sera déposé aux Etats-Unis avant la fin de ce trimestre. Idem pour SPP100, un produit contre l'hypertension acheté par Novartis à la société suisse Speedel. Rasilez, tel est son nouveau nom, devrait prendre le relais ou compléter Diovan, le médicament actuellement le mieux vendu par Novartis. Le brevet de Diovan échoit en 2011, mais a permis d'engranger, l'an dernier, un chiffre d'affaires en hausse de 19%, à 3,7 milliards de dollars.

Le mystère Serono

«No comment.» C'est la réponse officielle de tous les hauts responsables du groupe aux rumeurs d'intérêt de Novartis pour l'entreprise genevoise. Daniel Vasella a adopté un profil bas en rappelant que, selon une stratégie de croissance inchangée, une «grande acquisition» figure toujours en quatrième et dernière priorité, après la croissance interne ou par partenariat. «C'est aussi simple que cela», explique-t-il.