L'épée de Damoclès qui a longtemps pesé sur le destin d'ABB s'éloigne. Dans l'affaire de l'amiante qui touche le groupe électrotechnique, le tribunal américain chargé de récolter toutes les plaintes jusqu'au 21 février, terme du délai légal, n'a enregistré aucune opposition, dit le communiqué publié mercredi par le groupe suisse.

Le plan global d'indemnisation des employés de Combustion Engineering (CE), ex-filiale d'ABB, qui ont été en contact avec l'amiante sera formellement présenté par le tribunal américain le 28 février. Si aucun recours n'est enregistré durant les trente jours qui suivent, ce qui mercredi paraissait peu probable, alors l'affaire de l'amiante - plus de 2,6 milliards de francs de coûts totaux pour ABB - sera réglée.

Un accord devra certes encore être trouvé pour ABB Lummus Global, division pétrochimique du groupe électrotechnique. Cependant, «dans ce cas, la hauteur de l'indemnisation n'est pas comparable avec celle de CE. Elle est comprise dans la provision pour ces deux cas de 1,1 milliard de dollars (1,44 milliard de francs) d'ABB à fin 2005», explique Wolfram Eber-hardt, porte-parole d'ABB. Près d'un milliard d'indemnisations a par ailleurs déjà été payé. Une fois ce cas réglé, cette division pétrochimique sera cédée. «Nous ne nous dépêcherons pas, car cette division est aujourd'hui rentable», relève Wolfram Eberhardt

Pour mémoire, ABB avait racheté en 1989 CE pour 1,6 milliard de francs (2,72 milliards de francs à l'époque). La société était notamment active sur le marché des centrales électriques et de l'automation. Une plainte collective concernant des produits d'isolation en amiante livrés par la société américaine jusqu'à la fin des années 70 avait été lancée par des collaborateurs de CE. En 1999, ABB vendait CE à Alstom, mais gardait les plaintes liées à l'amiante. La communauté financière doutait des capacités de redressement du groupe qui croulait sous les dettes en 2002.

Mais depuis le régime de minceur prescrit par Jürgen Dormann, ex-patron d'ABB, et la stratégie menée par son successeur Fred Kindle, le groupe électronique s'est redressé. La preuve: le bénéfice net de 961 millions de francs publié la semaine dernière.

La résolution très probable de l'affaire de l'amiante est aussi le scénario retenu par le marché. L'action, en hausse hier de 2,3%, a atteint 15.40 francs, son plus haut niveau depuis juillet 2001.