Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le baril de brut de la Mer du Nord – le Brent – devrait conserver un niveau oscillant entre 40 et 60 dollars cette année, selon les projections du cabinet d’analyses financières Moody’s.
© Andy Buchanan - WPA Pool/Getty Images

Hydrocarbures

A Aberdeen, l'«effet papillon» rattrape le pétrole

Sur le marché pétrolier, il a suffi d’une fissure écossaise, sur un réseau opéré par le groupe vaudois Ineos, pour permettre au brut de retrouver son plus haut niveau depuis mi-2015

Dans la théorie du chaos, le battement d’ailes d’un papillon suffit à provoquer une tornade à des milliers de kilomètres. Sur le marché pétrolier, cet «effet papillon» peut prendre la forme d’une fissure de 10 centimètres dans un pipeline du large de l’Ecosse.

On peut se perdre en conjectures sur le vent de révolte qui souffle en Iran (cinquième producteur mondial de pétrole avec 3,8 millions de barils par jour) ou la montée des tensions entre la Corée du Nord et les Etats-Unis. Au final, le cours du carburant de la globalisation dépend davantage de la bonne maintenance des oléoducs du sud de la graniteuse cité écossaise d’Aberdeen que de géopolitique. L’arrêt forcé du système de pipelines Forties a poussé, pendant la période des Fêtes, le cours du brut au-dessus de 65 dollars, son plus haut niveau depuis mi-2015.

Du battement d’ailes écossais…

Après cette paralysie de trois semaines due à une «situation de force majeure», le groupe pétrochimique Ineos a annoncé ce week-end la réouverture de son réseau de pipelines Forties, en mer du Nord. Le groupe pétrochimique, dont le siège social se trouve à Rolle (VD), avait racheté les infrastructures à BP le 31 octobre dernier pour 250 millions de dollars.

Le réseau, avec sa capacité d’un demi-million de barils par jour, transporte entre 40 et 50% de la production britannique, exclusivement du Brent (acronyme des principales plateformes pétrolières de la mer du Nord). S’il ne représente qu’une faible part de la production mondiale, le Brent continue de servir de référence – principalement en raison de la puissance de la place financière britannique – pour fixer le cours des autres bruts d’Afrique de l’Ouest ou du Moyen-Orient.

Au-delà de l’inflation liée à la baisse arithmétique de la production, la panne de Forties a aussi un impact sur la valorisation des contrats à terme sur le Brent, basée sur des flux physiques. Soit le pari des analystes sur la valeur future du brut.

Malgré la réactivation de la production en mer du Nord, le baril de brut devrait toutefois conserver un niveau oscillant entre 40 et 60 dollars cette année, selon les projections du cabinet d’analyses financières Moody’s. La hausse progressive des cours du pétrole permet en effet la réouverture d’exploitations pétrolières qui n’étaient jusqu’alors pas rentables financièrement. C’est le cas notamment de nombreux forages de pétrole de schiste aux Etats-Unis.

…au cyclone américain

Un problème pour l’Organisation des pays producteurs de pétrole qui tente tant bien que mal de faire monter durablement les cours du pétrole, en reconduisant son accord de limitation de la production jusqu’à fin 2018. Mais les analyses voient, à plus long terme, dans l’augmentation de la production américaine de brut «la principale menace pour les efforts de rééquilibrage du marché de l’OPEP», selon Shane Chanel, analyste chez ASR Wealth Advisers.

En 2017, le cours du Brent a augmenté d’environ 20%, selon les données compilées par Bloomberg. Mais il reste moins élevé que lors du dernier super-cycle de 2011 à 2014 où le baril a pu atteindre 120 dollars. En janvier, le nombre de forages américains devrait augmenter pour le treizième mois consécutif, établissant un nouveau record avec une production de plus de 9,6 millions de barils quotidiens, selon les autorités locales.

Certains analystes continuent de pointer vers l’Orient. «Les risques géopolitiques sont clairement de retour sur l’agenda du brut», soutient Bjarne Schieldrop, spécialiste des matières premières au cabinet d’analyses SEB, cité par Reuters en référence aux troubles iraniens. «Ils ont été absents depuis mi-2014 quand le marché pétrolier est entré en surplus.»

Mais, pour l’instant, ni le chaos libyen, ni les milices nigérianes, ni même l’Etat islamique n’ont été capables de relancer durablement le pétrole à la hausse.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)