capteurs

Abionic veut simplifier les tests d’allergie

La société lausannoise a démarré des essais cliniques avec le Centre hospitalier universitaire vaudois auprès de 40 patients

La machine d’Abionic ressemble à un lecteur DVD. Le disque qu’il faut y insérer ne contient pas de film à visionner mais des biocapteurs contenant des canaux nanométriques. L’objectif de l’appareil: réaliser des tests d’allergie rapides et quasi indolores à partir d’une petite goutte de sang.

La start-up lausannoise, établie au Parc scientifique de l’Ecole ­polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), a démarré des essais cliniques avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) auprès de 40 patients. «D’ici à une année, nos capteurs seront commercialisés. Ils permettront, dans un premier temps, de tester six allergènes principaux», explique Nicolas Durand, cofondateur et directeur de la start-up qui espère vendre son appareil aux allergologues ainsi qu’à certains laboratoires d’analyses. Le lecteur donne des résultats en moins de vingt minutes. Le profil d’allergie du patient est affiché sur un écran et enregistré sur une petite carte mémoire.

«Cela va à contre-courant du tout connecté à Internet mais permet de garantir un maximum de confidentialité. Le patient n’aura plus à attendre plusieurs jours pour connaître les résultats», explique Nicolas Durand.

Actuellement, pour tester des allergies, le patient doit effectuer un test cutané ou une prise de sang. Abionic veut simplifier ces pratiques par le prélèvement d’une gouttelette de sang au bout du doigt au moyen d’un auto-piqueur. Cette gouttelette est diluée avec un réactif et déposée dans une capsule contenant plusieurs biocapteurs protégés par une série de brevets.

Recherche de fonds

Façonnés grâce à des techniques de microélectronique réa­lisées en collaboration avec les ­laboratoires d’optique biomédicale et de microsystèmes de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), ces dispositifs permettent d’étudier le transport de fluides à une échelle nanoscopique. Le disque est alors inséré dans le lecteur. Un laser excite les molécules recherchées, qui émettent de la fluorescence en s’accrochant aux biomarqueurs, préalablement introduits dans le système.

En 2012, Abionic a réalisé une première levée de fonds de 2 millions de francs. Cette somme a permis de certifier la technologie et de démarrer les essais cliniques. Nicolas Durand recherche, d’ici au début de l’année prochaine, 6 millions de francs supplémentaires pour entrer en phase commerciale.

«Nous visons dix principaux ­allergènes, à l’exemple de certains pollens, des protéines de lait de vache, des poils de chat ou de l’arachide, explique le jeune entrepreneur. A partir d’une première analyse, nous pourrons affiner les résultats.»

Le lecteur sera commercialisé autour de 5000-6000 francs. «Nous espérons vendre entre 250 et 300 machines l’année prochaine», prévoit le directeur de cette entreprise de huit personnes qui évolue sur un marché mondial de 5 milliards de francs. Une personne sur cinq en Europe et une sur quatre aux Etats-Unis est atteinte d’allergie. Ce marché connaît une croissance de 7% par année.

La start-up, qui a reçu le Best Elevator Pitch Award 2013 décerné par PwC, vient également d’être récompensée par le prix français Venture4i, qui sélectionne les start-up les plus innovantes de l’Arc alpin. «Nous espérons rester indépendants le plus longtemps possible. Mais financer la mise sur le marché coûtera très cher. Il nous faudra des investisseurs externes, qui seront certainement tentés tôt ou tard de vendre la société.»

Publicité