ABN Amro ferme son département négoce à Genève. La banque néerlandaise a choisi de centraliser son activité d'achat et de vente de marchandises, surtout des matières premières, aux Pays-Bas. Dans le cadre de cette nouvelle politique, elle ferme un service similaire à Anvers, en Belgique.

ABN Amro réfléchissait depuis plusieurs mois à l'opportunité de conserver à Genève une telle spécialité (lire Le Temps du 23 février 1999). Dans un métier où les fusions et acquisitions ont élevé le niveau de taille critique, il devient difficile pour les petites unités de dégager une rentabilité suffisante. Différents scénarios étaient à l'étude. La possibilité avait même été évoquée de centraliser le négoce du groupe à Genève. Au bord du Rhône, environ 350 firmes de toutes tailles travaillent dans le secteur, selon des indications données par la Fondation Genève Place Financière. Ce qui fait de Genève la deuxième place de négoce en Europe derrière Londres.

Mais Amsterdam l'a finalement emporté. «Au total, une quinzaine d'employés genevois sont concernés par cette décision, explique Paul Maxwell, responsable du négoce pour le groupe ABN Amro à Amsterdam. Certains vont rester dans l'établissement en Suisse et seront reclassés dans d'autres divisions de la banque. D'autres ont reçu des offres pour travailler pour le groupe aux Pays-Bas.» Paul Maxwell se veut confiant: «Il n'y aura pas de licenciements ou très peu.» L'activité de négoce devrait rester marginale pour l'institut puisqu'elle n'emploiera qu'une vingtaine de personnes à Amsterdam, selon Paul Maxwell.

ABN Amro n'avait véritablement développé son activité de négoce qu'en 1994 à Genève. La banque néerlandaise emploie par ailleurs dans le canton une centaine de personnes dans la gestion de fortune.