ABN Amro met son organisation en conformité avec son vocabulaire. Jusque récemment, la première banque néerlandaise parlait de ses «marchés domestiques»: les Pays-Bas, bien sûr, l'Italie et les Etats-Unis. Depuis un communiqué publié mercredi, la banque utilise le thème de «marché domestique européen». Or, le glissement sémantique n'est sans doute pas un hasard. Au siège de la cinquième banque européenne, on estime, comme dans beaucoup d'établissements, que l'arrivée de l'euro a «créé un marché commun des services bancaires». Plus question donc de se restreindre à son pays d'origine ou à un marché sur lequel on s'estime bien placé. Désormais, la monnaie unique crée un tout. Au passage, cela enterre le débat sur la recherche de nouveaux marchés domestiques en Europe. Depuis mercredi, cette vision se reflète officiellement dans l'organisation de la banque. ABN Amro regroupe en effet sa division Pays-Bas avec toutes ses activités en Europe, Suisse incluse. «Ceci représente plus d'un millier d'agences, et le tiers environ des activités du groupe», dit-on au siège.

La branche sera dirigée par Rijkman Groenink, jusqu'à présent chargé des Pays-Bas. Ce dernier se trouve ainsi bien placé dans la course à la succession – pas encore déclarée – du PDG, Jan Kalff. Mercredi, ce dernier déclarait à Reuters que le regroupement ne déboucherait pas sur des suppressions d'emplois, «au contraire». Une fois ce changement accompli, la banque sera composée de quatre divisions: l'Europe, l'International, la Banque d'investissement, et ABN Amro Lease Holding L'idée du regroupement n'est pas nouvelle. L'an dernier, la banque l'avait évoquée lorsqu'elle cherchait à racheter la belge Générale de Banque.

Désireux d'aplanir les réticences en Belgique, la direction néerlandaise était même prête à déplacer le centre de décision de cette branche européenne à Bruxelles. La Générale de Banque ayant été reprise par Fortis, un tel sacrifice n'est plus indispensable.

Parallèlement, le communiqué a annoncé la nomination d'un «Monsieur Commerce électronique». Actuellement chargé de la banque de détail à l'international, Jean Paul Votron devra «diriger les plans d'expansion de la banque» dans le domaine du commerce électronique. Selon Jan Kalff, Jean-Paul Votron a déjà «une série d'idées» qu'il «présentera très rapidement». Le dirigeant est non seulement persuadé que sa banque «ne peut pas négliger le commerce électronique», mais il croit qu'il faut «lui donner une impulsion».