En annonçant lundi la signature d'un accord pour l'acquisition de la Bourse de Copenhague (CSE), la Bourse de Stockholm (OMX) franchit un pas supplémentaire pour former un grand pôle boursier nordique et baltique. «Notre objectif vise à constituer l'un des principaux marchés de titres en Europe, où nous voulons devenir le numéro quatre», explique Magnus Böcker, le patron d'OMX.

Pour l'instant, Stockholm et Copenhague occupent ensemble le septième rang en Europe dans le négoce d'actions, juste derrière la Bourse suisse SWX. Magnus Böcker a également lancé un appel aux Bourses d'Oslo, en Norvège, et de Reykjavik, en Islande, afin que celles-ci rejoignent la nouvelle entité. La tâche devrait être facilitée par le fait que les deux places, encore indépendantes, utilisent d'ores et déjà la technologie d'OMX. Tel est aussi le cas de celle de Copenhague et d'autres places boursières dans le monde, notamment celles liées par l'alliance nordique et baltique Nordex.

Le groupe OMX (anciennement OMHEX) est né de la fusion au printemps 2003 des Bourses de Stockholm (OM) et d'Helsinki (HEX). Cette dernière avait apporté dans la corbeille de mariage ses participations dans les places de Tallin et de Riga. En mai dernier, OMX avait par ailleurs acquis la Bourse de Vilnius, la capitale lituanienne. Les points forts d'OMX résident notamment dans son savoir-faire technologique et dans les prestations commercialisées dans ce domaine. Première Bourse à avoir été elle-même cotée, la place de Stockholm – ou plutôt OM, son exploitant d'alors – a joué un rôle de pionnier dans le développement et l'utilisation, dès la fin des années 80, de solutions de négoce électronique de titres.

Selon la lettre d'intention rendue publique lundi, OMX prévoit d'acquérir la Bourse de Copenhague pour le prix de 1,22 milliard de couronnes danoises (251 millions de francs). Les actionnaires de la Bourse danoise pourront échanger leurs titres contre des liquidités ou des actions OMX. «Le rapprochement avec CSE doit aussi nous permettre de nous renforcer dans le négoce de titres obligataires, point fort des Danois», fait valoir Magnus Böcker.

Une proie pour Londres?

Alors que le processus de concentration tarde à se poursuivre sur le Vieux Continent, celui-ci semble donc s'accélérer en Scandinavie. «En Europe continentale, je vois les rapprochements se poursuivre sous forme de coopérations plutôt que par des fusions ou des acquisitions. Les marchés nationaux semblent vouloir préserver leur indépendance», explique encore le patron d'OMX.

Analyste auprès de la Banque Chevreux à Stockholm, Thomas Johansson estime qu'OMX pourrait devenir une proie intéressante une fois le pôle nordique complété: «Le London Stock Exchange (Bourse de Londres) me paraît le mieux placé pour lancer une offre sur OMX, notamment en raison de la société commune (EDX London) qui unit déjà les deux Bourses.» Mais à Londres, un porte-parole du LSE assure que rien de tel n'est pour l'instant à l'ordre du jour: «D'ailleurs, la collaboration avec OMX concerne essentiellement les produits dérivés OTC.»