AC Immune décroche

20 millions de francs

Pharma La start-up va tester un nouveau vaccin contre la maladie d’Alzheimer

La société lausannoise AC Immune a annoncé avoir levé 20 millions de francs auprès de ses investisseurs historiques. Il s’agit du quatrième tour de table financier, a relevé le groupe spécialisé dans le développement de traitements contre la maladie d’Alzheimer. En tout, la société, financée par une dizaine d’investisseurs privés suisses et américains, a levé près de 84 millions de francs depuis sa création, en 2003.

AC Immune utilisera ces 20 millions de francs en deux tranches selon ses besoins financiers. Ces nouvelles ressources viseront principalement à financer un essai clinique récemment lancé concernant le vaccin ACI-35 contre la protéine phospho-Tau, considérée comme un marqueur clé de la maladie d’Alzheimer.

Des malades plus nombreux

«Presque toutes les sociétés pharmaceutiques travaillent sur cette protéine, mais nous sommes les premiers à lancer un vaccin visant phospho-Tau», affirme Andrea Pfeifer, directrice et cofondatrice d’AC Immune. Le nouveau vaccin stimule la production par le système immunitaire d’anticorps spécifiques contre cette protéine phospho-Tau.

Deux groupes de patients atteints d’une forme légère à modérée de la maladie d’Alzheimer recevront une dose différente d’ACI-35. «L’objectif principal sera d’évaluer l’innocuité, la tolérance et l’immunogénicité du vaccin. Il est donc prématuré de parler dès lors d’objectifs en matière de mise sur le marché.»

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 35,6 millions de personnes dans le monde sont atteintes de démence. Ce nombre devrait doubler d’ici à 2030 (passant à 65,7 millions) et plus que tripler d’ici à 2050 (pour atteindre 115,4 millions). Traiter et soigner ces personnes coûte actuellement plus de 604 milliards de dollars (548 milliards de francs suisses) chaque année. «Le récent sommet du G8 sur la démence qui s’est tenu à Londres a illustré l’engagement des pouvoirs publics et des experts de dégager d’importantes ressources financières et en matière de soins de santé en quête de la découverte d’un traitement contre ces terribles maladies», a noté Andrea Pfeifer.

Un deuxième vaccin

Des centaines de sociétés pharmaceutiques à travers le monde se penchent sur des traitements ­thérapeutiques de la maladie d’Alzheimer. Des grandes sociétés telles qu’Eli Lilly, Roche Genentech, Janssen-Cilag ou Novartis se positionnent sur ce marché, dont le potentiel est évalué entre 10 et 20 milliards de dollars d’ici à 2020.

De son côté, la société romande AC Immune, avec ses 50 employés, poursuit le développement de ses molécules. Outre l’ACI-35, son vaccin ACI-24 est ­entré en phase clinique I/IIa. Il ­s’attaque pour sa part aux plaques bêta-amyloïdes. «La maladie d’Alz­heimer ne sera probablement pas combattue avec un seul vaccin mais par une combinaison thérapeutique», prévoit Andrea Pfeifer.

Parallèlement, AC Immune bénéficie de deux programmes de collaboration majeurs avec Genentech, dont le plus avancé est l’essai de phase II du Crenezumab, un anticorps étudié dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. «Les résultats devraient être publiés au cours de l’année 2014», note la directrice d’AC Immune. Le Crenezumab est également testé auprès d’une population de 300 individus, issus d’une famille colombienne dont les membres partagent une mutation génétique rare, qui risque de déclencher la maladie d’Alzheimer vers 45 ans.