Mark Forkner ne sera pas un bouc émissaire. L’ancien pilote d’essai de Boeing, qui était accusé d’avoir trompé le régulateur aérien américain lors de la certification du 737 MAX – qui a connu deux accidents mortels – et était le seul individu poursuivi personnellement au pénal dans cette affaire, a été acquitté mercredi.

Le jury d’un tribunal de Fort Worth, près de Dallas (Texas), a déclaré Mark Forkner non coupable. Il avait été inculpé par les autorités américaines en novembre. Son avocat, David Gerger, a salué «un juge et un jury indépendants, intelligents et justes», dans une déclaration transmise à l’AFP.

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Boeing avait déjà reconnu sa responsabilité dans la manipulation des autorités et accepté en janvier 2021 de verser plus de 2,5 milliards de dollars (2,28 milliards d’euros) pour solder certaines poursuites liées aux accidents d’un appareil de Lion Air en octobre 2018 et d’Ethiopian Airlines en mars 2019, qui avaient fait 346 morts.

Le géant aéronautique avait alors reconnu que deux de ses employés avaient induit en erreur l’agence américaine de supervision de l’aviation, la FAA.

Des chefs d’accusation retoqués en février

Selon les documents de l’accusation, Mark Forkner avait découvert en 2016 un important changement effectué sur un logiciel de contrôle des commandes de vol du Boeing 737 MAX, le MCAS, censé empêcher l’avion de partir en piqué et impliqué dans les deux crashs. Dans un message à un collègue révélé en 2019, il avait notamment indiqué que le logiciel rendait l’avion difficile à piloter en simulateur.

Mais il a délibérément choisi de ne pas partager toutes les informations avec le régulateur, qui n’avait en conséquence pas exigé de référence dans la formation des pilotes au MCAS.

Deux des six chefs d’accusation présentés initialement par les autorités avaient été retoqués par le juge en février. Mark Forkner restait accusé d’avoir cherché à induire en erreur les clients de Boeing American Airlines et Southwest Airlines en ne leur présentant pas toutes les informations disponibles lorsqu’ils finalisaient leur commande, notamment sur la formation nécessaire, afin de ne pas faire perdre d’argent à Boeing.

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Juste après son inculpation, un avocat de l’ancien pilote de Boeing avait appelé à ne pas faire de lui un «bouc émissaire».