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Les ministres de l’Eurogroupe en réunion à Luxembourg, jeudi 21 juin 2018.
© Virginia Mayo/AP

Europe

Accord des créanciers sur la dette et la sortie du plan d’aide de la Grèce

Après plusieurs heures de réunion, un accord sur la sortie de la Grèce des programmes d’aide a finalement été trouvé dans la nuit de jeudi à vendredi

Les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus dans la nuit de jeudi 21 à vendredi 22 juin sur un vaste accord mettant fin à huit années de crise, d’austérité et de plans de sauvetage pour la Grèce.

Cet accord, qui inclut un dernier allégement important de la dette d’Athènes, a été conclu vers minuit, après plus de six heures de réunion à Luxembourg. Il doit permettre à Athènes de quitter, comme prévu, la tutelle de ses créanciers – zone euro et Fonds monétaire international (FMI) – le 20 août prochain pour recommencer à se financer seule sur les marchés, après plusieurs années de profonde récession et trois programmes d’aide.

Lire aussi: En 2018, la convalescence grecque va se poursuivre

«La crise grecque s’achève ici, cette nuit. Nous sommes finalement arrivés au bout de ce chemin qui a été si long et si difficile. C’est un moment historique», s’est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. «Je suis heureux», a affirmé le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos. «Pour que ça en vaille la peine, nous devons nous assurer que le peuple grec voit des résultats concrets», a-t-il ajouté.

Selon plusieurs sources, les discussions se sont prolongées car l’Allemagne a manifesté une résistance de dernière minute contre l’allégement de la dette de la Grèce, pourtant jugé nécessaire par ses créanciers pour assurer sa crédibilité sur les marchés financiers. «Les négociations ont été difficiles, reconnaissons-le», mais «je considère que le problème de la dette grecque est désormais derrière nous», a affirmé le ministre français des Finances, Bruno Le Maire.

«Surveillance renforcée»

Les Européens ont accepté vendredi d’allonger de dix ans les échéances de remboursement d’une grande partie de cette dette – dont le niveau reste le plus élevé de l’UE (180% de son PIB) – et permettront aux Grecs de ne commencer à rembourser une partie des prêts qu’à partir de 2032, contre 2022 jusqu’à présent. Ils se sont également entendus sur le versement d’une toute dernière tranche d’aide, de 15 milliards d’euros, contrepartie aux 88 dernières réformes accomplies par la Grèce ces dernières semaines.

Sur cette somme, 5,5 milliards sont destinés au service de la dette et 9,5 milliards alimenteront un «matelas financier» de plus de 24 milliards d’euros pour les vingt-deux mois qui suivront sa sortie du programme.

Sous la pression de l’Allemagne, certaines mesures d’allégement de la dette resteront conditionnées à la poursuite des dernières réformes, dont certaines s’étendront sur plusieurs mois. Athènes sera d’ailleurs dès sa sortie du troisième programme d’aide en août, et jusqu’en 2022, sous le coup d’une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l’Irlande.

«Ce cadre de surveillance post-programme renforcé était nécessaire, mais il n’y aura en aucun cas de programme déguisé», a insisté Pierre Moscovici. Les Européens ont aussi prévu de faire le point sur la dette grecque en 2032 et d’accorder, si nécessaire, de nouvelles mesures d’allégement.

«Hommage»

Le FMI, qui a participé financièrement aux deux premiers programmes grecs, ne le fera pas pour le troisième, mais restera impliqué dans la surveillance post-programme, a annoncé vendredi sa directrice générale, Christine Lagarde, présente à Luxembourg.
Selon Mme Lagarde, la dette grecque est soutenable «à moyen terme». «Mais sur le long terme, nous avons des réserves», a-t-elle ajouté.

En huit ans, la Grèce a bénéficié de plus de 273 milliards d’euros d’assistance de la part de ses créanciers au cours de trois programmes d’aide. En contrepartie, les Grecs ont été contraints de mettre en œuvre plusieurs centaines de réformes, souvent douloureuses, notamment pour assainir leurs finances publiques. La croissance du PIB a atteint 1,4% en 2017 et devrait encore progresser cette année (1,9%) et l’an prochain (2,3%). Dans le même temps, la Grèce affiche désormais un excédent budgétaire de 0,8%, après avoir enregistré un déficit de 15,1% en 2009.

«Je rends hommage au peuple grec pour sa résilience et son engagement européen. Ses efforts n’ont pas été vains», a tweeté dans la nuit le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

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