L’accord européen du 21 juillet 2020 pour un plan de relance est un étrange succès. Etrange car il manifeste notamment une forte incapacité des gouvernants des pays de l’Union, des responsables de la Commission et de leurs conseillers à répondre à une urgente obligation: penser un mode de financement des dépenses publiques non fondé sur l’endettement.

Cette incapacité n’est pas propre aux Européens… Ce faisant, le venin de la dette continue d’inoculer toute la planète soumise depuis plus de trente ans au dogme de l’autonomie des banques centrales et de l’objectif exceptionnellement, voire jamais atteint d’équilibre des comptes publics. Les dettes publiques s’ajoutent aux dettes privées, trop souvent oubliées alors qu’elles peuvent être plus massives que les premières, y compris dans des pays présentés étonnamment comme «frugaux», tels l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et, hors de l’Union, la Suisse, si souvent supposée être un modèle de sagesse financière.