L'Union européenne (UE) va surveiller «la mise en oeuvre» de l'accord commercial préliminaire signé mercredi entre Pékin et Washington et n'hésitera pas à saisir l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'il entraîne des «distorsions commerciales» au détriment des entreprises européennes. 

L'ambassadeur de l'UE en Chine estime que «les objectifs quantitatifs (d'achats chinois de biens américains stipulés dans l'accord) ne sont pas compatibles avec l'OMC s'ils entraînent des distorsions commerciales». Selon lui, «si tel était le cas, nous irions devant l'OMC pour régler cette question», a-t-il averti lors d'une conférence de presse.

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En signant l'accord mercredi avec les Etats-Unis, la Chine s'est engagée à acheter pour 180 milliards d'euros de produits américains en plus sur deux ans, par rapport au niveau de 2017. Une disposition qui inquiète l'UE.

«En aucun cas affectées par l'accord»

Les Européens craignent que ces transactions se fassent au détriment des compagnies européennes, délaissées au profit des firmes américaines. Invité jeudi au ministère chinois des Affaires étrangères, Nicolas Chapuis affirme y avoir «reçu des assurances formelles que les entreprises européennes ne seraient en aucun cas affectées par l'accord».

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En vertu du texte signé mercredi entre la Chine et les Etats-Unis, l'administration du président américain Donald Trump renonce également à imposer de nouveaux droits de douane aux exportations chinoises. Donald Trump, le président américain, s'est dit prêt à attendre son éventuelle réélection en novembre prochain pour parvenir à un accord définitif, dans l'espoir de parvenir à un «meilleur résultat».


La croissance chinoise au ralenti

Au plus bas en près de 30 ans: la croissance chinoise est tombée l'an dernier à 6,1%, et ce malgré les efforts de Pékin pour stabiliser la conjoncture. Le score annoncé vendredi est conforme aux prédictions des analystes sondés par l'Agence France-Presse (AFP) et dans l'objectif de 6% à 6,5% fixé par le gouvernement en début d'année dernière.

Il est toutefois en net repli par rapport à 2018, quand la croissance chinoise pointait à 6,6%, déjà à son niveau le plus bas en près de trois décennies.

Bien que sujet à caution, le chiffre de la croissance est toujours scruté, vu le poids de la Chine dans l'économie mondiale.
 Au dernier trimestre 2019, la croissance du géant asiatique s'est stabilisée à 6%, un niveau inchangé par rapport au trimestre précédent, selon le Bureau national des statistiques (BNS).
 Elle s'inscrivait encore à 6,4% au premier trimestre.