Les chefs d’Etat et de gouvernement devraient préconiser vendredi de «limiter les bonus à un pourcentage du produit net bancaire quand ils menacent un niveau de saine capitalisation», a déclaré un responsable d’un pays du G20, citant un extrait du projet de communiqué. Le texte devrait endosser les recommandations du Conseil de stabilité financières (FSB) afin de lier la rémunération des banquiers et acteurs de marché aux performances à long terme, et non la prise de risque excessive, et suggérer à cette fin un système de versement différé.

Ils se sont aussi mis d’accord sur la nécessité de garder en place les plans de relance, selon un responsable. Les 20 chefs d’Etat et de gouvernement devraient déclarer vendredi soir que, «en attendant qu’on arrive à une reprise durable», ils «éviteront tout retrait prématuré des mesures de relance», a déclaré vendredi sous couvert d’anonymat ce responsable d’un pays du G20, citant des extraits du communiqué final.

Ces premiers extraits du projet de communiqué ont été transmis par un responsable d’un pays du G20 quelques heures après le dîner de travail des dirigeants offert par le président américain Barack Obama.

Les pays émergents définitivement intronisés

Au total, le communiqué final devrait être «substantiel» et occuper une vingtaine de pages. Comme l’a déjà annoncé la Maison Blanche jeudi soir, il désignera le G20 comme «principal» forum de coordination économique, sans toutefois annoncer la disparition du G8. Mais de facto, l’annonce revient à éclipser son rôle. Selon plusieurs hauts responsables de pays membres du G20, cette décision ne signifie toutefois pas la mort du club des huit pays les plus riches.«Il continuera d’être utile» dans le domaine de la sécurité internationale, estime l’un d’entre eux sous couvert d’anonymat. «Il n’y a pas de démantèlement formel du G8, le G20 va devenir central mais cela ne veut pas dire la fin du G8», renchérit une autre source.

A l’avenir, il est toutefois peu probable que le G8 se réunisse de manière autonome. «Il y aura des réunions à géométrie variable» et un G8 pourrait être convoqué en marge d’une rencontre plus importante comme un G20 ou un G14, ajoute le même responsable.«C’est en 2010 que nous essaierons de discuter de la nouvelle architecture du G20: quels pays doivent en être membres, à quelle fréquence doit-il se réunir? Et 2011 sera l’année de l’application de son nouveau régime», a-t-on affirmé par ailleurs dans la délégation française.

Il a été précisé qu’«en 2010, deux G20» seraient organisés: «l’un au Canada au printemps», là où avaient déjà prévu de se retrouver les dirigeants du G8, et «l’autre en Corée du Sud».

Enfin, le communiqué final devrait affirmer l’intention de conclure les négociations commerciales du cycle de Doha en 2010, a affirmé le responsable.

Jeudi, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avait estimé que la conclusion des négociations du cycle de Doha serait «la démonstration la plus frappante» de la coordination contre la crise après le sommet.