«Les négociations sont encore en cours, mais nous sommes très proches d’un accord», a affirmé à l’AFP une source gouvernementale grecque. «D’ici dimanche, il sera annoncé par le gouvernement grec.» Le Premier ministre Georges Papandréou a laissé entendre qu’il était prêt à céder aux exigences draconiennes de l’Union européenne et du Fonds monétaire international. «Les mesures économiques que nous devons prendre sont nécessaires pour la protection de notre pays, pour notre survie, pour notre avenir, afin que nous puissions rester debout», a-t-il lancé vendredi devant le Parlement. «La survie de la nation est notre ligne rouge», c’est «ce qui prime» dans les négociations, a-t-il insisté.

En échange de leur aide, les négociateurs européens et du FMI présents à Athènes demandent au gouvernement grec une cure d’austérité sans précédent. Les économies exigées seraient de l’ordre de 25 milliards d’euros sur deux ans, a indiqué jeudi un syndicaliste après une rencontre avec le Premier ministre. Cet effort inédit au sein de la zone euro permettrait à la Grèce de ramener son déficit public d’environ 14% du produit intérieur brut (PIB) en 2009 aux alentours de 4% fin 2011. Pour l’heure, Athènes s’est engagée, au mieux, à afficher un déficit de 5,6% fin 2011.

«Les autorités grecques prendront toutes les mesures nécessaires pour corriger les déséquilibres fiscaux et budgétaires», a assuré vendredi le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. La perspective d’un feu vert rapide à l’aide internationale à la Grèce, après des semaines de tractations laborieuses au sein de la zone euro marquées par les réticences allemandes, a permis jeudi aux marchés financiers de rebondir. Une remontée qui se poursuivait, dans une moindre mesure, vendredi matin.

Heurts mineurs

Les syndicats grecs, qui préparent le défilé du 1er mai et, surtout, la grève générale du mercredi 5 mai, se disent prêts à batailler contre les coupes salariales exigées. «Nous devons faire face à un nivellement sans précédent depuis l’après-guerre non seulement des salaires mais aussi de tous les droits sociaux et du travail», a protesté le président la fédération de la fonction publique (Adedy) Spyros Papaspyrou, interrogé par l’AFP. «Le 1er mai sera une réponse, mais la réponse déterminante ce sera le 5 mai.»

Traditionnellement, les cortèges du 1er mai ne mobilisent pas massivement en Grèce. Mais cette année, ils interviennent après deux grèves générales et une rafale de manifestations contre les mesures de rigueur lancées en janvier pour réduire les déficits abyssaux du pays. Jeudi soir, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser un petit groupe de manifestants qui tentaient d’atteindre le ministère des Finances, mais ces heurts mineurs sont relativement fréquents en Grèce.