banque

Accueil réservé pour le nouveau lobby bancaire

La création du Swiss Finance Council est saluée, même si on juge l’initiative tardive

L’annonce jeudi de la création du Swiss Finance Council (SFC), nouveau lobby d’UBS et de Credit Suisse à Bruxelles, est accueillie avec un mélange d’enthousiasme et de distance par les autres représentants du secteur bancaire.

Concernée au premier plan, l’Association suisse des banquiers (ASB) prévoit de travailler en «étroite coopération» avec le SFC. «Le Swiss Finance Council défendra avant tout les intérêts des deux grandes banques, alors que nous représentons tous les établissements bancaires», souligne une porte-parole de l’ASB, dont l’association maintiendra ses activités à Bruxelles. Et d’expliquer: «L’ASB doit tenir compte de l’impact du cadre réglementaire, y compris pour les banques qui ont des activités transfrontières dans l’UE. Pour les deux grandes banques, qui ont déjà une forte présence on shore dans les pays de l’UE, la problématique est différente.»

Délégué d’economiesuisse à Bruxelles, François Baur «félicite les deux grandes banques suisses de leur initiative». Selon lui, «avoir une permanence sur place est d’une tout autre qualité que de venir à Bruxelles seulement de temps en temps». Il ne pense pas que ce soit un problème pour les institutions de l’UE d’avoir affaire à plusieurs interlocuteurs suisses liés à son secteur bancaire.

Relations négligées

D’autres voix sont plus critiques. La création du SFC démontre que l’ASB a peut-être négligé les relations avec l’UE à un moment crucial, déplorent d’autres représentants du secteur. «Le litige fiscal avec les Etats-Unis a mobilisé énormément d’énergie. Pendant ce temps, on a oublié de regarder ce qui se passait sous nos yeux. Cela au moment où la réglementation communautaire a pris un virage décisif aussi pour la place financière suisse», relève un gérant actif à Zurich.

L’Association des banques étrangères en Suisse (ABES), dont les membres emploient quelque 20 000 collaborateurs sur le sol helvétique salue, elle, cette initiative de nature à permettre à la place financière suisse de mieux défendre ses intérêts dans l’UE. «La nouvelle version de la directive concernant les marchés d’instruments financiers, ou MiFiD, est un bon exemple de l’impact que la réglementation européenne peut avoir sur la Suisse», observe Raoul Würg­ler, secrétaire général adjoint de l’ABES. Sa crainte néanmoins? Que cet effort de lobbying intervienne «trop tard».

Publicité