«Panama Papers»

Les accusations du chef de l'OCDE dénoncées par le Panama

Le Panama, entaché par le scandale, compte défendre sa réputation. Alors que l'OCDE considère le pays comme l'un des derniers trous noirs financiers de la planète, le gouvernement panaméen dénonce des déclarations fausses et «injustes»

Les accusations du secrétaire général de l'Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE), qui a qualifié le Panama de «dernière grande place» offshore, sont «injustes et discriminatoires», a riposté dans une lettre mardi le gouvernement panaméen.

Dans une lettre à laquelle l'AFP a eu accès, envoyée quelques jours après les révélations dites des «Panama papers» au chef de l'OCDE, Angel Gurria, le vice-ministre panaméen des Affaires étrangères, Luis Miguel Hincapié, affirme que «la stratégie d'ignorer les autres juridictions et de se concentrer uniquement sur le Panama est injuste et discriminatoire».

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La réaction du gouvernement panaméen intervient deux jours après la révélation par des journaux du monde entier du scandale d'évasion fiscale dit des «Panama papers», une série de documents qui démontre comment un cabinet d'avocats du petit pays d'Amérique centrale a créé des sociétés offshore dans des paradis fiscaux pour des puissants du monde entier.

Le système financier du Panama dans la tourmente

«De toute évidence, (vous) utilisez l'information émanant du récent rapport diffusé par les médias internationaux pour déformer les faits et ternir la réputation du pays», déclare le vice-ministre dans sa lettre. Luis Miguel Hincapié accuse le chef de l'OCDE d'avoir pour dessin «de contraindre à l'adoption de la norme de l'OCDE pour l'échange automatique d'informations», l'une des conditions requises par l'OCDE pour qu'un pays ne soit pas considéré comme un paradis fiscal.

Le système financier du Panama est dans l'oeil du cyclone depuis la divulgation des «Panama Papers», publiés alors que les autorités du pays et l'OCDE s'affrontent sur l'accès à l'information financière. L'OCDE a accusé le Panama de ne pas coopérer suffisamment contre le blanchiment d'argent en refusant de fournir les informations financières de manière immédiate.

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Le Panama assure toutefois être prêt à partager ces informations, mais selon ses conditions, dont celle de garantir la confidentialité de son centre bancaire, qui contribue à hauteur de 7% au PIB national.

«Les révélations des «Panama papers» mettent en lumière la culture et la pratique du secret (bancaire) au Panama. Le Panama est la dernière des grandes places offshore qui permet encore de dissimuler des fonds pour échapper à l'administration fiscale et aux autorités répressives», avait déclaré Angel Gurria lundi, au lendemain des révélations.

Dossier
Le scandale des «Panama Papers», secousse planétaire

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