Le Temps: En février 2008, un tribunal genevois a admis le recours d'un assuré et dénoncé l'opacité de votre groupe dans la répartition des frais généraux. Votre réaction?

Pierre-Marcel Revaz: Nous avons recouru au Tribunal fédéral. D'autres cantons nous ont donné raison dans des cas similaires. Les comptes de nos caisses affiliées respectent intégralement les normes légales.

- C'est le groupe qui est en cause, soupçonné de passer des frais généraux non justifiés dans l'assurance maladie obligatoire.

- Nous contestons ce reproche. Notre structure offre au contraire de fortes économies d'échelle aux assurés. En règle générale, ce sont plutôt les assurances complémentaires qui subventionnent l'assurance obligatoire, à hauteur de 500 millions de francs pour toute la Suisse, selon mes calculs.

- Que se passera-t-il si vous perdez au Tribunal fédéral?

- Cela posera un gros problème pratique. Les primes contestées dans ce cas ont été acceptées par les instances de contrôle fédérales. Mais j'ai confiance, la décision du Tribunal fédéral sera plus fondée que celle de l'instance genevoise.

- Le 1er juin, les Suisses votent sur l'article constitutionnel «Qualité et efficacité économique dans l'assurance maladie». Les sondages donnent le non gagnant...

- Alors, on aura manqué une occasion de donner une orientation claire à la politique de santé. On peut reprocher à cet article d'avoir été élaboré rapidement - mais pas de limiter le libre choix du médecin! Le texte dit le contraire. Il instaure un payeur unique: c'est ce qui se passe ailleurs dans la vie. En le rejetant, on réduit les caisses maladie au rôle de tiroirs-caisses. Ce qui les découragera d'être meilleures que les autres.