Technologie

Accusé de manipuler ses utilisateurs et de «déchirer le tissu social», Facebook contre-attaque 

Le réseau social s’est fait publiquement attaquer par plusieurs anciens employés, qui lui reprochent de «programmer» ses utilisateurs. Facebook affirme qu’il est devenu plus responsable

C’était la critique de trop. Facebook, attaqué ces derniers jours publiquement par plusieurs anciens employés, a décidé de réagir. Dans la nuit de mardi à mercredi, le réseau social américain a publié un communiqué pour montrer qu’il prenait sa responsabilité sociale à cœur. Car récemment, Facebook a été dépeint par d’anciens collaborateurs comme un organisme visant à prendre le contrôle de ses utilisateurs.

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Le dernier en date à avoir critiqué la société fondée et dirigée par Mark Zuckerberg est Chamath Palihapitiya. L’homme avait été vice-président chargé de la croissance de l’audience du réseau social. Il s’est exprimé ces derniers jours lors d’un débat organisé à la Stanford Graduate School of Business, mais aussi à la chaîne américaine de télévision CNBC. Chamath Palihapitiya s’est dit «immensément coupable» d’avoir créé «des outils qui déchirent le tissu social». Il a interpellé les étudiants en leur disant: «Vous devez décider de votre indépendance intellectuelle», estimant qu’ils étaient «programmés», qu’ils le réalisent ou non. Sans toujours faire référence explicite à Facebook, il a parlé des cœurs, «j’aime» et pouces en l’air jugés réducteurs et aux «boucles de réactions basées sur la dopamine», qui selon lui «détruisent le fonctionnement de la société».

Facebook se dit plus responsable

Facebook a réagi, précisant d’emblée que cet employé a quitté l’entreprise «il y a plus de six ans». «A l’époque, Facebook était une entreprise bien différente. En grandissant, nous avons réalisé que nos responsabilités avaient elles aussi gagné en importance. Nous prenons notre rôle très au sérieux et travaillons dur pour nous améliorer», a écrit le réseau social. Facebook précise: «Nous avons effectué de nombreux travaux de recherche avec des experts extérieurs et des universitaires pour comprendre les effets de notre service sur le bien-être.» Enfin, Facebook conclut en déclarant: «Comme Mark Zuckerberg l’a dit lors de la dernière présentation des résultats trimestriels, nous voulons réduire notre profitabilité pour être certains que les bons investissements sont effectués.»

«Ce que j’ai vu de l’intérieur…»

Chamath Palihapitiya n’est pas un cas isolé. Le 19 novembre, Sandy Parakilas, ancien responsable opérationnel du réseau social en 2011 et 2012, publiait une tribune dans le New York Times. «Ce que j’ai vu de l’intérieur, c’était une entreprise qui donnait la priorité à la collecte de données sur ses utilisateurs avant leur protection contre des abus», écrivait-il, ajoutant: «Facebook est libre de faire presque ce qu’il veut de vos informations personnelles, et n’a aucune raison de mettre en place des garde-fous.» Selon Sandy Parakilas, «les législateurs ne devraient pas autoriser Facebook à s’autoréguler. Parce qu’il ne le fera pas.»

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Début novembre, Sean Parker, premier président de Facebook, avait expliqué lors d’une conférence que le réseau social calculait «comment absorber le plus possible de votre temps et de votre attention consciente». Selon lui, l’entreprise «exploite une vulnérabilité humaine». Il avait aussi parlé, avant Chamath Palihapitiya, d’une dose de dopamine donnée par Facebook à ses utilisateurs lors de chaque like reçu, par exemple.

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