Les produits structurés, définis par la combinaison d'un actif sous-jacent et d'une option, sont l'objet d'un débat très nourri sur leur utilité, notamment depuis l'affaire Lehman Brothers. Il est en effet apparu que le risque de l'émetteur, appelé aussi risque de contrepartie, était sous-estimé.

L'étude de l'Université de Zurich, sous la direction de Benjamin Wilding et de Rudolf Volkart, qui se fonde sur un sondage réalisé en mai et juin derniers auprès de 2304 personnes, arrive donc à point. Elle se penche sur le comportement des investisseurs à l'égard de ces instruments et particulièrement la notoriété de ces produits et leur utilisation.

Il en ressort tout d'abord que 60% des Suisses connaissent les produits structurés ou une de leurs catégories. Et 7% possèdent au moins un produit. En Suisse romande, la notoriété est inférieure (54% les connaissent et 6% en possèdent).

Surestimation des connaissances

L'élément majeur porte sur l'analyse des raisons d'achat. La décision s'appuie sur l'espérance de rendement, devant la recherche de sécurité puis le nom de l'émetteur. Mais le degré de connaissance des produits est sujet à discussion. Les chercheurs montrent que certaines personnes se surestiment. Seuls 3% des sondés rendent une copie entièrement juste. A une question de définition qui suggère qu'un tel produit combine une action et une obligation, seuls 23% constatent l'erreur. 93% affirment correctement que l'évolution de cet instrument fluctue avec celui du sous-jacent. Et les trois quarts des gens savent que la protection du capital n'existe qu'à l'échéance. Par contre, seuls 56% savent qu'un produit d'optimisation du rendement, tel un «reverse convertible», n'offre pas une protection complète du capital contre le risque de perte. Le savoir est clairement insuffisant, notent les auteurs, et un vaste travail de formation s'avère nécessaire.

Il apparaît que la moitié des acheteurs ont été rendus attentifs aux vertus de ces produits par leur conseiller d'investissement. On arrive même au taux considérable de 70% d'investisseurs qui sollicitent une discussion avec leur conseiller avant de passer à l'acte d'achat. La plupart des investisseurs se disent satisfaits puisqu'ils accordent une note de 7,4 sur une échelle qui en compte 10.

Mais les personnes interrogées, si elles estiment qu'il s'agit de produits modernes, se plaignent d'un «léger» manque de transparence, et les qualifient de compliqués et chers. L'écart est parfois important: 14% les jugent transparents et 18% complètement opaques.