Afin de répercuter l'envolée des prix de l'acier des derniers mois, les grands sidérurgistes révisent les tarifs de contrats d'approvisionnement annuel signés avec les constructeurs automobiles, en leur imposant une surcharge. Pris en étau entre des coûts en hausse et des ventes qui s'essoufflent, certains constructeurs refuseraient de payer et contesteraient ces augmentations en justice indiquait hier le Wall Street Journal.

«Ceci souligne surtout le fait que l'industrie n'a toujours pas d'outil efficace - un marché à terme - pour fixer les prix et le système actuel de renégociation annuelle des tarifs paraît archaïque, surtout avec une telle volatilité des prix», explique Eric Louvert, expert de BNP Paribas. Le LME - la bourse des métaux de Londres - tente ainsi depuis avril de faire vivre un contrat sur l'acier. Le Nymex américain aurait un projet similaire. Mais on comprend que Arcelor-Mittal ou Thyssen Krupp ne soient guère enclins à soutenir un marché international, alors que leur position de force permet de renégocier aussi facilement des contrats «à prendre ou à laisser».