L'année 2000 a été l'un des plus mauvais crus pour Randstad. La troisième compagnie mondiale de travail intérimaire, après Adecco et Manpower, est loin d'avoir affiché les résultats auxquels elle avait habitué les investisseurs. En novembre, l'annonce de bénéfices inférieurs aux prévisions avait d'ailleurs fait chuter le cours en Bourse, qui depuis ne s'en est pas remis. Le chiffre d'affaires a augmenté de 10,8%, à 6,17 milliards d'euros l'an dernier. Mais cette croissance est le résultat d'acquisitions. Sans elles, elle aurait été limitée à 4%. Randstad a dépensé 236,5 millions d'euros pour acheter Mobile en France, Umano en Espagne, et Temps & Co aux Etats-Unis. Elle a en outre monté avec l'éditeur VNU un portail Internet visant le marché des diplômés de haut niveau. «Newmonday.com atteindra l'équilibre au quatrième trimestre 2001», note Fred van Haasteren, membre du directoire du groupe.

Mais cette stratégie a un coût élevé. Le résultat d'exploitation net des activités, après impôts et compte tenu des coûts de lancement de Newmonday et de 212 nouvelles agences, ainsi que de l'intégration des acquisitions, se monte à 151,8 millions d'euros, soit une chute en un an de 26,7%. La marge bénéficiaire accuse un recul de 17,6%, à 4,1%. Si, au final, le bénéfice net se monte à 207 millions d'euros, égal à celui de 1999, Randstad ne sauve la face que grâce au gain exceptionnel de la cession de Lavold, société de nettoyage industriel.

Les difficultés de Randstad sont également visibles si l'on détaille ses parts de marchés. En Belgique par exemple, Randstad, numéro un dans ce pays, voit son chiffre d'affaires augmenter de 7%, alors que le marché de l'intérim y a crû de 12%. «Adecco y a été très agressif, avec une publicité qui a fait beaucoup parler d'elle, tandis que nous avons manqué de répondant», reconnaît Fred van Haasteren. Sur son marché domestique stable en 2000, le Néerlandais recule de 2,6%. Autre exemple: Aux Etats-Unis, Randstad n'a augmenté son chiffre d'affaires que de 2,1% sur fond de croissance de 5,5% du marché.

En 2001, Randstad espère récolter les fruits de ses investissements récents, et compte principalement sur une croissance autonome. Trois pays sont au centre des attentions: l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne. Les dirigeants tablent sur une croissance de 5 à 10% du chiffre d'affaires, et sur une hausse du bénéfice par action supérieure à celle des ventes. Les analystes restent réservés.