Actelion a dégagé en 2010 un bénéfice net en hausse d’un quart par rapport à l’exercice précédent à 390,6 millions de francs. Le groupe de biotechnologie bâlois, au centre d’attaques et de rumeurs de rachat ces derniers mois, versera pour la première fois un dividende.

Le chiffre d’affaires a progressé de 9% l’an passé pour s’inscrire à 1,93 milliard de francs, a indiqué jeudi la société établie à Allschwil (BL). Exprimées en monnaies locales, il affiche même une progression de 13%, reflétant la valorisation du franc suisse en cours d’année.

Confiance de mise

»Sur la base de la confiance dans le potentiel à long terme d’Actelion, le conseil d’administration a décidé de demander aux actionnaires l’octroi d’un dividende», a dit le patron de la biotech Jean-Paul Clozel, devant la presse à Bâle. Le dividende devrait se monter à 80 centimes par action, a précisé le Français.

Au-delà, Actelion reste très dépendant de son médicament phare, le Tracleer, qui a représenté près de 85% de son chiffre d’affaires, avec 1,64 milliard de francs (+13%). Le produit sert prioritairement au traitement de l’hypertension artérielle.

Pipeline accru

En ce qui concerne l’exercice en cours, le laboratoire bâlois table sur une hausse de son chiffre d’affaires exprimé en monnaies locales aux alentours de 5%. Evoquant les produits «prometteurs» d’Actelion, Jean-Paul Clozel a affiché sa confiance à moyen et à long terme.

Le patron d’Actelion prévoit d’ajouter quatre à cinq candidats au pipeline des produits cliniques. Le montant consacré à la recherche et au développement pourrait s’accroître de 1 à 3% au regard des 484,3 millions de francs dédiés à ces tâches l’an passé. De quoi effacer les échecs essuyés ces derniers mois.

Action en hausse

Les investisseurs ont salué la performance, même si les analystes attendaient un bénéfice net supérieur. Vers 14 heures, l’action Actelion s’appréciait de 1,4% à 54,45 francs dans un marché en baisse. Le versement d’un premier dividende a agréablement surpris, surtout que la firme a laissé entendre que la pratique pourrait devenir régulière.

Actelion fait beaucoup parler de lui depuis des mois. Le groupe suscite des rumeurs quant à un éventuel rachat. De plus, il est l’objet d’attaques par le fonds d’investissements Elliott Advisors, qui en sa qualité de gros actionnaire vient de réclamer les têtes de Jean-Paul Clozel et du président Robert Cawthorn.

Fondé en 1997 par d’anciens chercheurs du géant pharma Roche, Actelion est souvent cité comme l’une des réussites de l’industrie biotechnologie européenne. Il a inscrit son premier bénéfice en 2004.