Avant 2006, les caisses de pension ne laissaient pas aux assurés la possibilité d'opter pour telle ou telle catégorie de placement (offensif, défensif, obligataire ou immobilier) pour améliorer le rendement de leur IIe pilier. Le système alors en vigueur ne permettait pas aux cadres, qui accumulent souvent une fortune considérable dans leur institution de prévoyance, de participer à la gestion de leur prévoyance personnelle en décidant comment leur capital devait être placé. Et le maigre rendement servi chaque année avait souvent le don d'exaspérer une majorité impuissante et croissante d'assurés. Ainsi l'an passé, quelques caisses de pension ont simplement crédité les 2,5% d'intérêts obligatoires, alors que les rendements de leurs placements ont atteint voire dépassé 10%, la différence étant affectée aux réserves des caisses, et plus précisément à l'amélioration de leur situation financière, et non aux comptes des assurés.

Depuis le début de cette année, la législation a changé. Les institutions de prévoyance peuvent proposer à certains assurés différentes stratégies comportant une exposition au risque plus ou moins importante. Ces plans concernent la part de salaire qui dépasse 116100 francs. C'est là un modeste pas vers davantage de flexibilisation, toutefois très limitée à trois plans d'épargne par caisse. De surcroît, ces stratégies ne sont pas applicables à l'ensemble des assurés compte tenu du risque.

Il faut aussi relever que les caisses de pension ont la possibilité de placer le capital à titre individuel pour en créditer la totalité des rendements nets à leurs assurés. Ceci s'effectue sans garantie sur le rendement. Dans ce cas, la fondation de prévoyance renonce à constituer des réserves et à couvrir les éventuelles pertes que les assurés devront supporter eux-mêmes. A noter qu'il existe aussi des offres de prévoyance avant-gardistes qui autorisent des rachats facultatifs par le biais de portefeuilles titres personnels au lieu de versements en espèces.

Comment un rendement élevé peut-il influencer de manière significative la retraite? Alexandre, 40 ans, gagne 160000 francs annuels. Sa caisse lui propose d'assurer, à titre personnel, le montant de son salaire qui dépasse les 116100 francs, soit 43900 francs. Il peut également choisir d'investir une partie de ces cotisations en recourant à une stratégie de placement. En sus des versements habituels, il peut effectuer chaque année un rachat facultatif de 10000 frs en vue d'améliorer encore sa prévoyance. Sur la base d'un rendement annuel moyen de 2,5%, le capital retraite accumulé par Alexandre jusqu'à 65 ans atteindrait 745000 frs. Avec un rendement de 4,5%, il se monterait à 959000 frs et respectivement à 1,25 million pour un rendement de 6,5%. Si on transforme ce capital en rente, on obtient une différence de rente d'environ 30000 frs par an par rapport au taux d'intérêt minimal. Un montant qui est loin d'être négligeable.

Les caisses restent peu nombreuses à offrir à leurs assurés la possibilité d'appliquer une stratégie de placement personnelle. Les assurés dont les salaires sont plus élevés peuvent toujours manifester leur intérêt auprès du représentant du personnel de leur caisse. Plus il y aura de demandes, plus les caisses de pension généraliseront cette possibilité.